A Nice, on simule dès la 3ème année

Reportage

« Nous ne sommes pas là pour se juger. Je n’irai jamais dire à votre professeur que vous avez échoué dans tel ou tel exercice ». Les propos bienveillants du Pr Jean-Paul Fournier, responsable du centre de simulation médicale du CHU de Nice, semblent rassurer les étudiants en 3ème année de médecine qui s’apprêtent à simuler pour la première fois, blouses blanches sur le dos et stéthoscopes à la main.

De la théorie à la pratique

Premier exercice : venir en aide à un patient admis aux urgences pour des problèmes respiratoires.

Derrière le lit d’hôpital, le Pr Fournier prend place dans la régie et s’empare d’un micro. Sa voix émane directement du patient-mannequin, mis entre les mains des carabins. «  Je ne peux plus respirer, faites quelque chose, je vais mourir ! ». Petit moment de panique pour les apprenants. Puis, au bout de quelques minutes, ils parviennent à réfléchir et se mettent à poser des questions au patient. Au bout d’un quart d’heure, celui-ci est parvenu à retrouver son calme et respire normalement.

L’exercice est terminé. Place au débrief. Avec l’aide du Pr Fournier, les étudiants doivent poser un diagnostic. C’est ensuite au second groupe d’entrer en scène pour effectuer un exercice similaire. A la fin de la séance, Jean-Paul, pour qui l’enseignement à des 3ème année est une première, félicite ses étudiants : « Aujourd’hui, vous avez réussi à mettre en pratique des connaissances que vous possédiez déjà, mais dont vous n’aviez peut-être pas conscience. Quand vous serez confrontés à ce type de situation avec un vrai patient, vous saurez quoi faire ».

Des cours de simulation dès la deuxième année ?

Du côté des étudiants, qui ne savaient pas vraiment à quelle sauce ils allaient être mangés, l’expérience semble globalement positive, quoiqu’un peu stressante. « C’était assez impressionnant de commencer aux urgences face à un patient atteint d’un syndrome aigu. Au début, tout se bouscule dans la tête. On regarde les autres en se demandant quoi faire. Mais, après on arrive à se calmer. Et heureusement que le professeur est là pour nous orienter ! », s’exclame Jérémie.

« Au départ, j’avais un petit à priori sur l’intérêt de cette formation. Mais j’ai été surpris par la qualité de l’interaction avec le professeur. Surtout le débrief, qui permet de corriger nos défauts et ne pas reproduire nos erreurs pour les prochaines fois », s’enthousiasme Joseph.

« C’est beaucoup plus facile et percutant d’apprendre en petit groupe. Et puis ça change des cours d’une heure et demi dans le noir avec un prof qui nous fait un monologue ! », relève Odile.

De l’avis général, ce programme devrait être mis en place dès la deuxième année : « aujourd’hui, nous avons été confronté à un "patient" qui souffrait de maladies que nous avons étudiées l’année dernière. Or, il était difficile de se souvenir un an après de tout ce que l’on avait appris. »

 

 

Source: 

Léa Drouelle

Portrait de La rédaction

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