Manuel Valls fâché avec la liberté d’installation

L’ex-Premier ministre ne courtise pas les libéraux

Pour repeupler les déserts médicaux, Manuel Valls a proposé en début de semaine de réduire la liberté d’installation. L’ancien Premier ministre aborde le premier débat de la primaire de la gauche sans aucune intention de séduire les médecins libéraux.

A quelques heures du premier débat de la primaire de la gauche, bien malin celui qui peut deviner quel candidat saura séduire le cœur des électeurs. Il y en a toutefois un qui a probablement déjà réussi à s’aliéner les médecins libéraux. Après ses annonces de la semaine dernière sur sa volonté « d’en finir avec le secteur 2 », Manuel Valls a en effet, face à nos confrères du Parisien, estimé lundi qu’il sera nécessaire de « limiter l’installation des médecins » pour lutter contre les déserts médicaux. Voilà qui commence à faire beaucoup.

Réaction goguenarde de Claude Leicher, président de MG France interviewé par Le Quotidien du médecin : « Heureusement que Manuel Valls n’a pas été Premier ministre, car nous aurions dégusté avec lui ». Mais pour l’heure, le candidat reste évasif sur cette nouvelle initiative, qui ne figure pas dans son projet.

Quand c'est flou...

Imagine-t-il un conventionnement sélectif, comme celui qu’avait proposé la députée socialiste Annie Le Houerou à l’automne dernier dans un amendement au PLFSS finalement rejeté ? Ou préfère-t-il une obligation de s’installer en zone sous-dotée en début de carrière, comme celle que le député UDI Philippe Vigier tente de faire passer depuis des années ? Difficile de le savoir.

Les maigres éléments que Manuel Valls, visiblement en mode « impro », a donnés lors de son interview au Parisien semblent plutôt faire pencher la balance en faveur de la deuxième solution. « Je me rappelle d’une proposition de loi qui, je pense, venait du groupe centriste », vasouillait-il lundi. On n’en saura pas plus, si ce n’est que le candidat voit la limitation de la liberté d’installation comme un corollaire d’autres réformes : le desserrement du numerus clausus, et les mesures incitatives.

Aura-t-il l’occasion de préciser sa pensée lors du débat de ce soir ? Probablement pas, car la santé n’est pas au menu de cette première rencontre entre les sept candidats. A moins que la virulence de ses propositions n’incite l’un de ses concurrents à l’interpeller sur le sujet.

Crédit photo : Creative commons, Fondapol, Flickr

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Mise à jour du 13 novembre

Finalement... les candidats ont parlé de santé au cours de ce premier débat. Rien de bien nouveau n'a été dit, le sujet du financement de la Sécu a été allégrement mélangé avec celui des déserts médicaux. Et Manuel Valls a réitéré ses propos sibyllins concernant la liberté d'installation, pour laquelle il a appelé à « plus de fermeté ».

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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