Les nouveaux chiffres des hôpitaux de proximité : toujours plus nombreux, toujours plus utiles, mais toujours aussi fragiles

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Plus petits, plus ruraux et tournés vers une patientèle plus âgée : les hôpitaux de proximité occupent une place particulière dans le système de soins français, malgré une situation financière fragile, note la Drees dans une étude publiée ce mercredi.

Les nouveaux chiffres des hôpitaux de proximité : toujours plus nombreux, toujours plus utiles, mais toujours aussi fragiles

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En 2024, 308 établissements étaient labellisés hôpitaux de proximité (HPR) en France, sur 2 962 établissements hospitaliers disposant de lits ou de places. Leur nombre a depuis progressé : 333 établissements étaient labellisés au 1er juillet 2026, précise la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Et 85 % d’entre eux sont publics.

Réformé en 2019, le dispositif vise à constituer le premier niveau de prise en charge hospitalière dans les territoires, avant une éventuelle orientation vers un établissement disposant de soins plus spécialisés.

La Drees décrit ainsi les HPR comme « des établissements de santé de premiers recours, surtout en zone rurale et pour une patientèle âgée »

Leur activité est très largement centrée sur la médecine et les soins médicaux et de réadaptation (SMR) : 92 % proposent une activité de SMR, contre 64 % des établissements publics non labellisés HPR. En revanche, seuls 19 % disposent d'un service d'urgences, 18 % d'un centre périnatal de proximité et 3 % d'une activité de psychiatrie.

70 ans en moyenne

Selon l’étude de la Drees, les HPR publics ont assuré 242 500 hospitalisations de court séjour en 2024. L'âge moyen des patients atteignait 70 ans, contre 50 ans dans les autres établissements publics, et leur âge médian 75 ans, contre 55 ans.

Les pathologies respiratoires représentent 14 % de leur activité de court séjour, devant les affections cardiovasculaires (12 %) et digestives (10 %). Les hospitalisations liées à la toxicologie, aux intoxications et à l'alcool pèsent également davantage dans leur activité : 9 % des séjours, contre 4 % dans les hôpitaux publics non HPR.

Même constat en moyen séjour (essentiellement SMR) : les 92 300 séjours réalisés dans les HPR publics concernent des patients âgés de 74 ans en moyenne, contre 67 ans ailleurs.

Les séjours de médecine y sont également plus longs, avec une durée moyenne de 10 jours contre six jours dans les autres établissements publics étudiés. Et si 68 % des patients rentrent ensuite à leur domicile, 26 % sont transférés dans un autre établissement, lorsqu'un niveau de soins plus spécialisé est nécessaire (contre 10% ailleurs).

La moitié en zone rurale

L'étude souligne surtout la forte dimension territoriale de ces structures. 56 % des hôpitaux de proximité sont situés dans une commune rurale, contre seulement 7 % des autres établissements publics disposant d'une activité de médecine. À l'inverse, seuls 4 % sont implantés dans une zone urbaine dense, contre 42 % des établissements publics non HPR.

Ils sont également beaucoup plus petits : ils disposent en moyenne de 25 lits de médecine, contre 155 dans les autres hôpitaux publics étudiés. Et près de neuf sur dix sont constitués d'un seul site hospitalier.

Dans les territoires les plus isolés, leur présence peut devenir déterminante. En Haute-Corse, les deux HPR se trouvent en moyenne à environ 80 kilomètres de l'établissement disposant d'une activité de médecine le plus proche. Cette distance atteint 44 km dans les Alpes-de-Haute-Provence, 48 km dans les Hautes-Alpes et 41 km dans les Alpes-Maritimes.

Ces écarts témoignent, selon la Drees, d'un « fort ancrage territorial ». Quarante-sept départements présentent ainsi une offre de lits en HPR par habitant supérieure à la moyenne nationale, avec pour caractéristiques communes une population plus âgée et plus rurale.

Équipements plus limités

Ce rôle de premier recours s'accompagne toutefois de plateaux techniques sensiblement moins développés que dans les autres établissements publics. 48 % des HPR disposent d'une salle de radiologie conventionnelle, contre 82 % des établissements publics non HPR. Ils ne sont que 19 % à posséder un scanner (contre 75 %), et 5 % une IRM (contre 63 %).

La différence est encore plus nette pour la biologie médicale : seuls 6 % des HPR déclarent disposer d'un laboratoire, contre 55 % des établissements publics non HPR.

Ils recourent en revanche à la télémédecine, davantage pour obtenir une expertise extérieure (20 %) que pour en fournir (11 %).

Enfin, leur situation financière reste fragile : en 2024, les HPR publics ont enregistré un déficit global de 342,9 millions d'euros, après 272,9 millions en 2023. Leur résultat net représentait -2,3 % de leurs recettes, tandis que leur capacité d'autofinancement n'atteignait plus que 1,5 % des recettes.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/il-faut-reorganiser-le-maillage-hospitalier-quitte-fusionner-des-etablissements-selon-la

« Cette faiblesse structurelle limite leur capacité à entretenir et moderniser leurs infrastructures », souligne la Drees.

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