Les médecins suisses doivent se presser

Ca va leur faire tout drôle

Depuis le 1er janvier 2018, les consultations de généralistes et de spécialistes sont à durée déterminée : 20 minutes. Les Suisses vont devoir aller plus vite… ou renoncer à facturer.

Une proposition comme celle-ci serait passée pour un witz* en France. En Suisse, le système de tarification médicale est totalement différent, et ne repose pas (uniquement) sur des actes, mais principalement sur le temps de consultation. Et depuis le 1er janvier 2018, les règles se sont durcies.

Les médecins, généralistes comme spécialistes, ne doivent désormais plus dépasser 20 minutes pour des consultations standard, et 30 minutes pour des enfants en bas-âge et les personnes âgées, ainsi que pour les consultations de patients présentant des besoins plus élevés. Faute de quoi, les minutes supplémentaires ne seront pas facturées. De quoi donner la grinche**.

Trop lents ?

Le système helvète est bien différent du nôtre. Il était déjà, depuis presque quinze ans, basé sur le temps de consultation. En Suisse, le médecin est rémunéré par tranches de cinq minutes de consultation. Les cinq premières et les cinq dernières étant majorées.

Ce qui change, c’est donc la régulation du temps de consultation maximal. L’objectif : permettre des économies d’environ 470 millions d’euros de francs suisses par an (environ 400 millions d’euros), ce qui représente 1,5 % des primes d’assurance maladie, explique Le Matin. À croire que Berne juge ses médecins trop lents…

Des praticiens conciliants

La réforme a été décidée de manière unilatérale par les pouvoirs publics, après l’échec des négociations avec les acteurs de la santé, « notamment les médecins, les assureurs et les hôpitaux », note le quotidien suisse. Les syndicats sont mécontents… à la suisse.

Ils contestent en effet assez mollement la décision, redoutant l’instauration d’une médecine à deux vitesses. Puisque les médecins ne seront pas facturés, les patients pourraient faire les frais des dépassements d’horaires, donc d’honoraires. L’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) conteste, en expliquant que des prestations supplémentaires pour des conseils médicaux spécifiques peuvent être facturés.

En même temps, la réforme permet aux médecins de facturer des prestations en l’absence de patients. Le temps consacré à de l’administratif, à la rédaction d’ordonnances ou de rapports pour les assurances, par exemple. Ce qui semble faire un peu passer la pilule.

Mais il n’en reste pas moins vrai que les Suisses vont devoir se presser. C’est pouette***.

Petit dictionnaire Suisse-Français
(*) un gag
(**) mettre de mauvaise humeur
(***) moche

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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