Les directeurs d’hôpitaux souffrent

Aimons-les !

Dans un communiqué paru ce lundi, l’Association des Directeurs d’Hôpital (ADH) exprime son ras-le-bol face à « l’hôpital-bashing » dans les médias. Un acharnement systématique qu’elle estime abusif.

D’ordinaire plutôt discrets dans les médias, les directeurs d’hôpitaux tapent du poing sur la table. Sus à l’hôpital-bashing, réclament-ils à grands cris ! Par la voix de l’Association des Directeurs d’Hôpital (ADH), ils dénoncent l’image que la presse et les reportages télévisés véhiculent de leurs établissements.

What’s up Doc fait son mea culpa. Harcèlement sexuel, violences, fermetures et transferts sauvages de services, messages homophobes, stéthos crados... Voici certains des derniers sujets que nous avons traités. Ils ne sont, il est vrai, pas toujours tendres avec l’hôpital.

La TV tire sur l’ambulance

Et d’autres font pire ! L’introduction de l’émission de France 2 Envoyé Spécial du 7 septembre dernier est particulièrement éloquente. Extrait : « À l’hôpital, vous croisez parfois des infirmières, des médecins, des aides-soignants débordés, souvent exténués. Certains, poussés à bout, en viennent à commettre des erreurs médicales. Leur désespoir peut même les conduire au suicide », assène Élise Lucet sur un ton angoissant.

Ce mardi 28 novembre, une simple recherche « hôpital » dans la section actualités de Google renvoie vers des sujets sur les actes médicaux inutiles, sur la rémunération indécente des praticiens intérimaires, sur une erreur médicale à l’Hôpital de Lannion (Côtes-d'Armor), ou encore sur le combat contre la fermeture des Urgences de Vesoul (Haute-Saône) qui ne sont pas assez rentables. L’hôpital, ça craint.

Qui aime bien, châtie bien

« L’hôpital-bashing est à la mode », regrette l’ADH dans un communiqué relayé par l'APMNews. L’association regrette cette « recherche du sensationnel et de l’audience » qui fait passer l’hôpital pour une maison de fous et ses gouvernants pour des « monstres ». « Tout cela est tellement éloigné des valeurs qui nous animent ! », conteste-t-elle fermement. L’ADH se plaint d’une malhonnêteté intellectuelle de la part des journalistes, tout en reconnaissant que le système hospitalier fait face à des contraintes lourdes, qui peuvent avoir des conséquences pour les patients.

Tout comme l’ADH, nous, journalistes et patients, sommes parfois ingrats. Nous aimons taper sur l’hôpital, mais nous chantons ses louanges avec un soupçon de chauvinisme lorsqu’il fait preuve de compétence et de professionnalismes face à des crises, ou d’excellence dans des domaines à la pointe de la médecine. Et ces sujets font souvent autant d'audience que les erreurs médicales.

Il faut néanmoins le reconnaître, les médias sont une loupe qui grossit parfois outrageusement les dysfonctionnements – relativement nombreux, reconnaissons-le –. Mais si nous critiquons autant, c’est parce que, malgré tout, nous les aimons, nos hôpitaux et leurs directeurs.

Crédits photo : Ocskaymark/Thinkstock

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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