Le SML dit non au "pharmacien-censeur" de prescriptions médicales

Le SML s’oppose au « pharmacien-censeur » dont le rôle serait de « rationner les dépenses ». À l’heure où l’Uspo (Union des syndicats de pharmaciens d'officine) milite pour la création d’un nouvel acte pharmaceutique qui valoriserait le pharmacien pour la non-dispensation de tout ou partie des traitements à posologie variable.

Dans le cadre des négociations conventionnelles entre les syndicats de pharmaciens et l’Assurance maladie programmées d’ici la fin de l’année, l’Uspo (Union des syndicats de pharmaciens d'officine) milite pour la création d’un nouvel acte pharmaceutique qui consisterait à rémunérer le pharmacien pour qu’il ne dispense pas tout ou partie des traitements à posologie variable prescrits par le médecin.
 
La mise en place de la dispensation adaptée, qui se base sur une intervention pharmaceutique et repose sur un partage d’économie, aurait pour vocation à « s’assurer de la délivrance de la quantité pertinente de médicaments nécessaires au traitement, afin d’éviter notamment tout risque de mésusage », précise l’Assurance maladie, dans un communiqué daté du 20 novembre.
 
Quant à l’Uspo, elle se réjouit des « économies générées par cette intervention pharmaceutique » qui seraient partagées entre les pharmacies et l’assurance maladie, dans un communiqué daté du 14 novembre. « Par cet acte et cette nouvelle rémunération, la profession renforce sa position dans le bon usage en cohérence avec l’action des autres professionnels de santé », ajoute l’Uspo.

Les pharmaciens seront le "verrou" de contrôle économique ?

Or, pour le SML, cette perspective « ne relève en aucun cas de la coordination des soins » mais « vise à faire des pharmaciens le « verrou » de contrôle économique de la prescription médicale ». Un contrôle qui serait facilité par le déploiement de la prescription électronique, estiment l’Uspo et l’Assurance maladie.
 
Sauf que le SML ne trouve « aucune légitimité au « pharmacien-censeur » dont le rôle serait de rationner les dépenses ». En effet, outre « la remise en cause du magistère médical et de la prescription », il considère que cette situation pose un problème à la fois éthique et moral, puisque pour la première fois, « une profession pourra prospérer en supprimant l’accès des patients aux soins prescrits par le médecin ».

Dégradation des relations entre médecins et pharmaciens ? 

Le syndicat en conclue que l’adoption d’un tel dispositif rendrait l’assurance maladie et l’Uspo « complices de la dégradation des relations entre médecins et pharmaciens. Ce qui serait un comble pour l’assurance maladie qui ne cesse de clamer son soutien à la coordination des soins à travers les CPTS ».
 
C’est pourquoi le SML demande à la ministre de la Santé de « remettre de l’ordre au plus vite dans cette affaire » car « la recherche d’économies pour l’assurance maladie ne justifie pas tout ». Le syndicat juge en effet que la situation est « particulièrement grave » puisque la prescription électronique serait « en passe de devenir un instrument de remise en cause de la prescription ».
 

Portrait de Julien Moschetti

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