Le Samu mobilisé contre le numéro unique

L’urgence qui a amené le Samu dans les rues de Paris ce matin était d’élever leur voix contre le numéro unique. 

Un préavis de grève a été déposé pour le 12 octobre. Mais pour marquer le coup, quelques dizaines de soignants du Samu, ont traversé la capitale, gyrophares allumés et sirènes hurlantes, jusqu’à l’Assemblée nationale, où la proposition de loi, incluant le projet du numéro unique est discutée avec le Sénat.

L’initiative a été lancée par François Braun, Président du syndicat Samu- Urgences de France, médecin urgentiste, chef de Pôle au CHR de Metz-Thionville. Son but : sauver le Samu, qui se retrouve en danger à cause du numéro, tout comme le malade, pour qui ce projet entraîne une perte de chance. « Nous allons dans la rue pour défendre les patients ! Notre métier d’urgentiste, c’est sauver des vies. Pour cela, il faut sauver le Samu. La proposition de loi telle qu’elle a été modifiée par le Sénat est dangereuse, et va aboutir à la disparition du Samu », nous confie François Braun.

Deux articles amendés posent en effet problème dans ce texte. L’article 3, qui permettrait de qualifier une carence ambulancière a posteriori. Et le fameux article 31 qui instaure le numéro unique. « Il y avait une solution qui nous paraissait la plus opérationnelle et pertinente, qui scindait en deux plateformes, l’une qui dépend du ministère de la Santé, autour du service d’accès aux soins, et l’autre pour le secours et la sécurité, qui dépend du ministère de l’Intérieur », poursuit François Braun. Or, cette proposition a été écartée par les sénateurs.  

Le président de Samu- Urgences de France nous précise les craintes que soulèvent un numéro unique. En tête, arrive la question du secret médical. Autre point majeur, avec le « numéro unique, fini le premier contact médical avec un professionnel de santé formé à ça. Demain dans le meilleur des cas, ce sera un secouriste qui devra décider de la gravité de la situation. Ce système multiplie par 3 le délai pour obtenir un médecin selon une étude européenne. Et si on voit le cas américain, dans 6 cas sur 10, on envoie une ambulance là où on ne devrait pas. La saturation des hôpitaux et des urgences est suffisante. »

Le but de la mobilisation ce matin, « montrer de façon calme et pacifique que ça suffit ». La commission mixte paritaire se réunit demain. « On demande un accord en reprenant le texte de l’Assemblée, qui était consensuel et validé par tout le monde. Comme tout consensus, ce n’est pas parfait, mais c’est la force de la démocratie », précise François Braun. Avant de conclure. « N’allons pas allumer le feu à l’hôpital qui est comme un baril de poudre prêt à exploser ».

 

Portrait de Constance Maria

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