Le réchauffement climatique au programme des études de médecine

C'est pour le moment un enseignement facultatif mais qui mérite d'être connu : à l'université de Paris, le Dr Florence Brunet-Possenti enseigne les conséquences du réchauffement climatiques en santé. Une initiative malheureusement encore trop rare. Interview. 

What's Up Doc. Pouvez-vous nous présenter votre enseignement sur le réchauffement climatique ? 

Dr Florence Brunet Possenti. Cet UE est à destination des DFGSM 2/3 ainsi que des licences SIAS. C’est un enseignement qui a été mis en place l’an dernier et qui s’articule autour de trois axes. La première partie est consacrée au réchauffement climatique et son impact, la deuxième partie est consacrée aux conséquences sur la santé, et la troisième partie concerne les gaz à effet de serre. Il faut savoir que dans les pays développés, les systèmes de santé sont à peu près responsables de 5 % des émissions de gaz à effet de serre. Cela va à l’encontre de notre profession qui est de ne pas nuire, primum non nocere, puisque d’un côté nous nous engageons à soigner, et de l’autre notre pratique a aussi des conséquences néfastes sur l’environnement. Dans la dernière partie, une anesthésiste intervient, elle nous parle de ce qu’elle a mis en place au niveau du bloc. Il faut savoir que les anesthésistes sont très en avance sur la prévention des émissions de gaz à effet de serre. Je tiens aussi à préciser qu’au niveau de mon établissement, et de l’APHP, un comité développement durable s’est mis en place au niveau du siège. 

WUD. La France est-elle en retard en matière d'enseignement du réchauffement climatique en médecine ?

Dr F. B. P. Il ne faut pas confondre la santé environnementale, domaine dans lequel en France il y a quand même quelques enseignements, avec l'enseignement sur le réchauffement climatique. Pour le moment, dans cette matière, il n’y a pas grand chose en France, même si des cours sont en train de se monter, mais qui seront réellement opérationnels qu’à partir de 2021 ou 2022. Surtout, pour le moment, dans les cursus médicaux, il n'y a aucune obligation de faire des enseignements sur le réchauffement climatique.

WUD. Vous en êtes à la deuxième année d’enseignement. Combien d’étudiants aviez-vous eu l'an dernier, combien d’étudiants en avez-vous cette année ?

Dr F. B. P. L’an dernier, nous avions 20 étudiants, cette année nous en avons 40, les inscriptions sont en cours. 

WUD. Est-il encore possible de s’inscrire ?

Dr F. B. P. Oui, c’est encore possible, pour les étudiants de Paris. La deuxième vague d’inscription n’a pas encore commencé. Il n’y a pas encore de deadline pour la fin des inscriptions, je me renseigne continuellement auprès de la scolarité…

WUD. Quel est le conseil que vous donneriez aux praticiens hospitaliers pour réduire les dégâts qu’ils engendrent de par leur activité professionnelle en matière de réchauffement climatique ?

Dr F. B. P. Il ne faut pas dichotomiser ce que l’on fait dans la vie quotidienne, et ce que l'on fait dans la vie professionnelle. Plutôt que de faire revenir 4 fois un patient, autant essayer de grouper sur une seule et même consultation l’ensemble des examens ou de réduire ces passages, par exemple. 


 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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