Le projet médical pour construire et développer durablement son activité en clinique

Lorsqu'un praticien s'installe en libéral, il entre à la fois dans une démarche d'entreprise personnelle et dans une aventure collective. Comment accorder son violon tout en jouant sa propre partition ? C'est le rôle du projet médical : une réflexion commune qui contribue à faciliter le développement de son activité libérale.

« Aujourd’hui, il est indispensable de travailler en équipe et pour cela, il faut un cadre d’exercice en collectivité inscrit dans le projet médical ». C’est le constat dressé par le Dr Stéphane Delforge, jeune orthopédiste à la polyclinique du Parc à Caen (groupe Vedici). Pour lui et pour ses associés, le projet médical en clinique, c’est beaucoup plus qu’un simple document : c’est une vision qui doit porter les orientations stratégiques des médecins pour leur clinique. Quelles ambitions doit-on avoir concernant les activités existantes ? Quelles sont celles que l’on souhaite développer, réorienter, ou créer ? Comment doit-on se positionner dans l’environnement concurrentiel et dans le bassin de population de l’établissement ? Quels sont les constats que l’on peut poser sur l’organisation interne, sur la position de chaque spécialité ? Autant de questions auxquelles le projet médical doit répondre pour asseoir une double ambition : développer les projets et l’activité des praticiens et améliorer la prise en charge des patients. Qu’y trouve-t-on ? Deux choses principales : la description des relations entre les médecins de l’équipe et plus largement entre les médecins de la clinique, d’une part, et d’autre part la description des rapports avec les médecins adresseurs et les établissements partenaires.

POUR RÉUSSIR UN PROJET MÉDICAL…
L’élaboration d’un bon projet médical est un exercice délicat : en clinique, les médecins exercent principalement en libéral, il faut donc bien définir le mode de fonctionnement. L’établissement peut jouer un rôle de facilitateur, sans toutefois empiéter sur la liberté des médecins, le lien principal qui unit chaque médecin à la clinique restant le contrat d’exercice libéral.

Celui-ci est primordial, mais ne saurait traiter de tous les éléments nécessaires à la cohérence d’un projet commun. C’est pour cela que le projet médical doit être « à la rencontre des intentions de l’établissement et de celles des praticiens dans l’exercice de leur art », ainsi que l’explique Julien Omnès, référent « recrutement médical » du groupe Vedici. Même son de cloche chez le Dr Patricia Tassin, en charge des relations médicales dans ce même groupe : « Il faut veiller à ce que son propre projet soit compatible avec celui des autres médecins de la clinique, de sa spécialité comme des autres, et plus globalement avec celui de l’établissement dans son ensemble ».

UN VÉRITABLE OUTIL DE TRAVAIL
Le projet médical est donc avant tout une affaire de vision et de coordination. Loin d’être figé, il a vocation à s’adapter en fonction de l’environnement et des projets, tout en fixant une ligne directrice. Et s’il est adapté, c’est l’ensemble de l’environnement de travail qui s’en ressent : « Notre projet médical nous permet d’être efficaces, cohérents dans notre fonctionnement, de voir les objectifs et d’appréhender l’avenir », explique Stéphane Delforge. « C’est aussi important pour nous permettre d’avoir tous le même discours auprès de nos patients entre associés ».

Mais le projet médical peut également être un outil au service de sa propre pratique. C’est en tout cas ce qu’explique Benoît Elleboode, conseiller médical du directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Aquitaine : « Ce projet est justement là pour  aider une équipe de médecins libéraux à engager  une démarche d’amélioration continue de qualité ». Dans un contexte où les maladies chroniques et les polypathologies deviennent plus fréquentes, où les traitements sont de plus en plus complexes, la coordination est en effet indispensable. Le projet médical est là pour renforcer le Team Spirit nécessaire pour dispenser des soins de qualité.

UN ATOUT POUR FAIRE LA DIFFÉRENCE
Mais il y a plus : les activités des cliniques sont soumises à des autorisations délivrées par les ARS. Or celles-ci s’appuient très souvent sur un projet médical pour élaborer leurs décisions, que ce soit au moment de la délivrance de l’autorisation elle-même ou à celui du contrôle de conformité. Pour le médecin engagé qui souhaite développer son activité, l’élaboration du projet médical représente une opportunité de valoriser ses priorités.

« On voit tout de suite, à la lecture d’un projet médical, les véritables intentions de demande d’autorisation, et la priorité n’est pas toujours la qualité et la sécurité des soins », sourit Benoît Elleboode. Quand il faut choisir entre deux projets, et qu’il n’est possible de délivrer qu'une seule autorisation, le projet médical fait souvent la différence. Le message est clair : plus on s’investit dans l’élaboration du projet médical, plus on met les chances de son côté pour le développement de son investissement professionnel.

En partenariat avec le groupe Vedici.

Portrait de La rédaction
article du WUD 23

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