La simu numérique sous le feu des projecteurs

Le 11 mai aura lieu la 3e édition du Sim4health, rendez-vous incontournable des praticiens 2.0. Du mannequin connecté aux « serious games », en passant par la réalité augmentée, intégrer la simulation numérique dans la formation est un enjeu crucial.

Si une certaine maturation s’opère en simulation médicale, maintenant obligatoire dans la formation infirmière en IFSI, « la simulation digitale reste une pratique embryonnaire dans le corps médical », précise le Pr Jean-Claude Granry, président de la Société francophone de simulation en santé (SoFraSimS) et chef du pôle Anesthésie-Réanimation et Médecine d’urgence du CHU d’Angers.

Lentement, mais - on l’espère - sûrement, cet outil nouvelle génération se démocratise, y compris dans le corps enseignant vieillissant. C’est avec humour que Jean-Claude Granry évoque un confrère faisant encore cours sur... transparents. Un cliché parfois tenace, que l’intégration du numérique devrait balayer « d’ici 2020-2022 », estime-t-il.

Clément Ghoers, jeune médecin de santé publique au CHU de Bordeaux et cofondateur de AquitHealth, une organisation de développement en e-santé, ajoute que « le mouvement est déjà en marche avec l’arrivée des tablettes aux ECN. ». Même si ces dernières n’ont pas fini de faire leurs preuves, le numérique est à présent entré en médecine, dès la formation, et préparera des bataillons de médecins numériques.

Simuler partout

Pour démocratiser la simulation numérique, « il faut généraliser la présence des outils numériques au sein des lieux de santé et de formation », défend Carlos Jaime, directeur général Santé chez Samsung. Examen au simulateur (comme pour les pilotes), système de e-learning dans les universités, ou caméra 360° permettant de filmer ses pratiques pour créer des univers numériques : autant d’équipements qui, pour lui, donneront aux médecins de demain les clés d’une formation s’appuyant sur une simu aux multiples visages.

« Nous pensons que la simulation numérique est une approche complémentaire. Le patient virtuel ne permet pas encore un assez bon niveau de réalisme », précise Jérôme Leleu, président fondateur de Interaction Healthcare, agence de santé digitale et organisateur du Sim4Health.

« Rien ne remplace l’émotion d’un patient humain pour le moment », rajoute Jean-Claude Granry. Pour lui, les piliers de la formation des médecins reposent sur les « 3 C » : Comportement, Connaissance et Compétence, que respectivement la simulation humaine, numérique et sur mannequin permettent de développer considérablement. 

Portrait de Johana Hallmann
article du WUD 25

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