La médecine humanitaire dans la formation initiale ?

Les médecins généralistes se battent pour mettre en place un stage de médecine générale au cours de l’externat. D’autres médecins pour utiliser la simulation dans l’évaluation de la formation initiale. Et si la médecine humanitaire ou en situation précaire était elle aussi au programme ?

Pour Patrick Knipper, chirurgien plastique et président d’une association humanitaire, c’est une évidence. « La précarité évoque plus la notion d’un environnement défavorable dans lequel vous devez travailler. C’est dans ce sens que les internes devraient être formés à cette notion de précarité, car ils vont, tôt ou tard, être confrontés à des situations où l’environnement de travail ne sera pas conforme à leur terrain de stage privilégié... Je pense que tout interne des hôpitaux devrait faire un stage de trois ou six mois dans un pays en voie de développement ! Quel bonheur rien que d’y penser ! Pour les patients locaux, pour l’expérience de l’interne, voire pour les jeunes collègues de ces pays qui pourraient faire un échange.... »

Chantal Lory est anesthésiste et ex-présidente d’Handicap Santé, une ONG qui intervient au Tchad. Elle est partie pour la première fois peu de temps après sa thèse. « Partir jeune dans ce genre de structure, c'est une expérience formidable, ça marque une carrière ». Cependant elle estime impératif pour les personnes qui voudraient partir aujourd'hui de faire une formation spécifique et d'être évalués. « On n'apprend pas son métier en mission humanitaire. C'est la chose la plus incorrecte qui soit, d'être inexpérimenté et de faire n'importe quoi en se disant, ''de toutes façons, pour eux, c'est ça ou rien'' ». Les médecins de l'association accueillent des internes en chirurgie ou anesthésie et les encadrent, avec pour objectif de les rendre autonomes, grâce à des protocoles qu'ils ont développé eux-mêmes. Elle souligne l'intérêt d'intégrer un stage humanitaire dans le cursus universitaire, mais reconnaît qu'il y a beaucoup d'obstacles, notamment en termes de sécurité et de responsabilité.

Source: 

Sarah Balfagon

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