La limitation des remplacements médicaux est annulée

Les sénateurs battent en retraite. Mardi 4 juin, l’amendement qui limitait la durée des remplacement à trois ans a été annulée. Au bonheur des neuf syndicats médicaux qui avaient signé un communiqué contre cette mesure.

Au Sénat, le 4 juin, le sort des médecins remplaçants s’est joué … en leur faveur ! Un amendement qui prévoyait de limiter à trois ans la durée totale au cours de laquelle un médecin peut exercer en tant que remplaçant. Le but de cette mesure était « d’inciter à l’installation plus rapide des médecins ».

Face à cette limitation, neuf syndicats (1) s’étaient réunis pour publier un communiqué de presse au moment du vote. Ils y dénonçaient une mesure illogique qui ne ferait qu’aggraver la difficulté d’accès aux soins. Le communiqué parle de « fausse bonne idée » et souligne le risque de raréfier les remplaçants, ce qui pourrait handicaper les médecins installés qui veulent se faire remplacer.

#Touchepasàmonremplaçant

Une étude qui avait été menée par le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) et relayée par le communiqué intersyndical, suggère que « le remplacement n’est ni attractif, ni en explosion ». Et pourtant, ce qui donnait du poids à la réforme proposée par la commission des affaires sociales, c’est l’idée bancale selon laquelle les jeunes médecins sont réticents à s’installer et choisissent le remplacement pendant trop longtemps. Laissant les zones médicalement sous-peuplées encore plus vides. Pas logique puisque, d’après l’étude, 75 % des internes déclarent vouloir s’installer en libéral à la fin de leurs études. 

Le texte n’est donc pas passé, au bonheur des syndicats médicaux ; le Sénat s’est finalement aligné sur leurs arguments. L'amendement termine en soulignant qu’une limitation pourrait « dégrader le confort d’exercice des médecins, particulièrement dans les territoires les plus fragiles, en limitant leurs possibilités de s’absenter » et que « restreindre cette possibilité risquerait de dégrader encore l’attractivité de l’exercice libéral ». 

 

(1) Anemf, Isnar-IMG, ReAgir, Jeunes Médecins, SNJMG, MG France, FMF, CSMF et Isni

Portrait de Angela Herrmann

Vous aimerez aussi

SOS Médecins Pau suspend les visites de nuit au domicile des patients, de minuit à 6h du matin suite à l’agression d’une praticienne de SOS Médecins...

Mèze pas de médecin

Pas de médecin pour certifier le décès lors du lundi de Pentecôte, d’une petite commune de l’Hérault, la famille d’une septuagénaire reste avec son...

Généralistes au SAMU

800 appels en moyenne en 24 heures. Des permanenciers pour faire le premier tri, trois médecins du SAMU pour les urgences vitales, deux généralistes...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.