Ile-de-France : 20 professionnels de santé s’installent en plein désert médical

De G à droite : Dr Venturi Cécile med gé Dr Rabhi abdelhakim med gé Mme peron Solène kiné et porteuse de projet Mr martin mari de Mme nguyen Mme nguyen que anh pharmacienne et porteuse de projet Mr rousselet jean podologue Dr Moghbel maxime med gé Mr

Jour J à la MSP d’Ivry-sur-Seine (94) ! Après plus de deux ans de réflexions, coups de fils, réunions, négociations, dossiers à remplir et travaux, une vingtaine de professionnels de santé ont inauguré ce lundi 13 janvier une toute nouvelle maison de santé pluridisciplinaire (MSP).

« Je suis un peu stressé : comment ça va démarrer ? qui va venir en consultation les premiers jours ? est-ce qu’il y aura assez de travail pour tout le monde ? » Le Dr Maxime Moghbel, 33 ans, résume bien l’état d’esprit des troupes en ce lundi 13 janvier. Ex-nihilo, 7 médecins généralistes (dont 5 primo-installants !), 3 médecins spécialistes à venir (une neurologue, un cardiologue et un endocrinologue), une pharmacienne, 4 infirmières, 3 kinés (6 à terme), 2 podologues et 2 secrétaires médicales ouvrent ce jour les portes d’une MSP flamblant neuve. Une gageure dans cette zone d’intervention prioritaire (ZIP). Entre 2009 et 2017, la commune a perdu 38 % de ses effectifs en médecine générale. En 2018, il ne restait que 30 médecins généralistes exclusifs, soit une densité médicale de 5 médecins pour 10 000 habitants contre 7,2 en moyenne en Ile-de-France. Sur ces 30 médecins, 14 sont âgés de 60 ans ou plus. Les chiffres communiqués par l’URPS Médecins Ile-de-France disent clairement l’urgence des besoins en professionnels de santé dans ce secteur.
 

Une pharmacienne à l’initiative

Comment est né le projet ? « Suite au départ de 4 médecins généralistes ces dernières années, une pharmacienne, Que Anh Nguyen, a voulu faire quelque chose pour attirer des médecins. Elle a trouvé une kiné pour monter le projet avec elle et elles ont posté une annonce via l’URPS pour trouver des professionnels de santé », explique le Dr Cécile Venturi, 42 ans, qui a rejoint le projet en janvier 2019. Elle-même salariée depuis le début de son exercice médical, en tant que médecin du sport puis médecin des pompiers de Paris pendant neuf ans, elle est tombée sur cette annonce alors qu’elle voulait se lancer dans l’exercice libéral. Quant au Dr Moghbel, après trois ans de remplacements, il voulait développer sa propre pratique médicale, tout en restant dans un secteur relativement proche de son domicile, dans le 13ème arrondissement de Paris.
 

« Tout se débloque les derniers mois »

« Les démarches ont été longues et fastidieuses, surtout pour un médecin qui, comme moi, n’exerçait pas encore en libéral. Tout s’est débloqué dans les derniers mois précédents l’installation. Heureusement, l’URPS était là pour nous informer sur l’ordre des démarches et nous accompagner », indique le Dr Venturi. Une fois l’attestation d’installation décrochée auprès du conseil de l’Ordre, le rendez-vous à la CPAM s’enchaîne et toutes les démarches se font « en cascade ». Il faut s’accrocher pour tout comprendre. « Lors des premières réunions, j’ai un peu pris peur. Il était question de plein de notions étrangères pour moi : les instances à contacter, la gestion du cabinet, le projet de santé, les aides à l’installation… », reconnaît le Dr Moghbel. Coup de chance pour le local : un plateau de 470 m2 était disponible à la location. Après six mois de travaux - financés pour moitié par la région - cette surface permet aujourd’hui d’abriter de nombreuses salles de consultation et de réunion.
 

Esprit d’équipe et projet de santé

Le Dr Sophia Charef, 35 ans, neurologue, rejoindra la structure dans quelques mois. Sa motivation : le travail en équipe. Thésée en 2016, elle a été découragée par les nombreux problèmes matériels et humains à l’hôpital, lors de ses deux ans et demi en tant qu’assistante chef de clinique. Elle s’est alors tournée vers le libéral, mais tient à son réseau. « Pour exercer la neurologie en libéral, il faut travailler en réseau, avec l’hôpital notamment, pour faire les bilans et faire hospitaliser les patients si besoin », explique-t-elle. À partir du mois d’avril, elle assura 3 jours de consultations à la MSP, et un autre neurologue qui travaille à l’hôpital du Kremlin Bicêtre assurera les 2 autres jours de consultation. 
Les réunions d’équipe auront lieu tous les deux mois au minimum, mais sûrement plus au démarrage. « Il est essentiel d’échanger sur les décisions médicales. Notre projet de santé va porter sur les thématiques suivantes : sport santé, patient diabétique, sujet âgé en perte d’autonomie, santé de la femme et de l’enfant », souligne le Dr Venturi, très motivée par cette dimension de travail en équipe. « Créer une structure de cette dimension demande beaucoup de volonté et d’énergie mais c’est très satisfaisant de monter un projet tous ensemble et de se dire qu’on va aider des patients qui ont vraiment besoin de nous dans le Val-de-Marne. »
 
 

Portrait de Sophie Cousin

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