Thomas Fatome.
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Thomas Fatôme était entendu par la commission des Affaires sociales du Sénat dans le cadre de la grève de ces soignants, organisée du 5 au 15 janvier pour protester contre certaines mesures du budget de la Sécurité sociale adopté en décembre, une « remise en cause du dialogue social » qui prévaut dans le secteur et ce qu’ils estiment être une « dérive autoritaire » du système de santé.
Deux articles particulièrement ciblés
Les griefs portent notamment sur les articles 77 et 78 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), introduits par amendement à l’Assemblée : ceux-ci ouvrent la possibilité pour les autorités sanitaires, en cas d’échec du dialogue social, de fixer les tarifs de certains actes de manière unilatérale.
« Je n’ai jamais sollicité, imaginé, pensé un dispositif qui permettrait (...) de faire des baisses de tarifs de manière unilatérale, ça n’a aucun sens », s’est défendu Thomas Fatôme devant les sénateurs.
« Je n’entends pas, de quelque manière que ce soit, utiliser les articles 77 et 78 (...) votés contre l’avis du gouvernement. Et pour dire le fond de ma pensée, le plus tôt ces articles seront supprimés, le mieux ce sera : ce n’est pas la politique de l’Assurance maladie ni de près, ni de loin », a-t-il souligné.
Un attachement affirmé au dialogue conventionnel
Il a réaffirmé son « attachement » au « dialogue conventionnel » et à l’accord signé en juin 2024 avec « cinq des six syndicats représentatifs » des médecins libéraux pour revaloriser leur rémunération, à hauteur de 1,6 milliard d’euros au total.
Cet accord « très dense » contenait notamment le passage à 30 euros de la consultation chez le généraliste, « des augmentations comparables des principales spécialités cliniques » (pédiatrie, psychiatrie...), mais aussi l’engagement de revaloriser les actes techniques, grâce à une enveloppe de 240 millions d’euros, qui reste à répartir, a-t-il rappelé.
« Mon souhait c’est que le plus tôt possible, nous puissions reprendre avec les médecins libéraux le chemin du dialogue », a-t-il ajouté.
Une mobilisation en baisse par rapport à 2023
La grève a conduit la semaine dernière à une baisse d’activité « autour de 10 à 15 % » pour les généralistes et « autour de 5 % » pour les spécialistes, selon les données de l’Assurance maladie, basées sur le nombre de feuilles de soins transmises par les médecins.
À titre de comparaison, le mouvement d’octobre 2023 avait fait chuter l’activité d’environ « 30 % », a-t-il indiqué.
Avec AFP