GHT : premier bilan négatif pour le patron des hôpitaux

Conférence de rentrée de la FHF

Lors de sa conférence de presse de rentrée, la Fédération Hospitalière de France (FHF) a dressé le constat de la mise en place effective des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Les bonnes nouvelles se font rares et tout le monde en prend pour son grade.

Il y a près d’un an, Marisol Touraine présentait la liste des 135 GHT créés en France. Aujourd’hui, les difficultés émanant du terrain commencent à être formulées par les responsables de la FHF. Lors de la conférence de rentrée de la Fédération ce mardi, son président Frédéric Valletoux a présenté des pistes d’amélioration en citant les problématiques rencontrées par les hospitaliers.

« On a connu ces années passées une politique qui nous a emmené d’un objectif à un autre, sans cohérence », regrette le président de la FHF. « On constate sur le terrain que la mise en place des GHT ne vient pas naturellement (…) il y a des tensions. »

« Un autoritarisme des ARS »

Taclant ironiquement au passage « les bons souvenirs » qu’il lui reste de la politique de l’ancienne ministre de la Santé, Frédéric Valletoux s’en est pris notamment aux Agences Régionales de Santé (ARS), qui symbolisent « une bureaucratie qui n’a cessé d’augmenter dans les administrations de santé (…) les ARS doivent maigrir et se concentrer sur des missions précises, recentrées. » Ces autorités de tutelle « n’ont plus vocation à intervenir dans la gestion quotidienne des groupements », estime le patron de la FHF. Un recadrage dans les formes.

L’institution, qui regroupe les établissements hospitaliers français, veut « changer de logiciel » et déplore que l’on « impose des choses sans prendre en compte l’avis des professionnels de terrain ». Pour son président, les ARS doivent arrêter « l’intégration à marche forcée » des CH. Il y voit « un autoritarisme des ARS » qui veulent à tout prix les « faire rentrer dans des schémas qui ne sont pas les leurs. »

La FHF plaide pour plus de souplesse : « il faut des vitesses différentes (…) les GHT sont une vraie révolution, mais cela doit se faire en douceur, ça ne doit pas être une évolution à la schlague ! », a martelé Frédéric Valletoux, accompagné de son délégué général David Gruson.

Main dans la main avec le privé

« Il y aura un temps 2 pour l’ouverture des GHT aux libéraux (…) c’est l’affaire des prochains mois », a promis le patron de la FHF, par ailleurs maire LR de Fontainebleau et proche d’Alain Juppé. Il a indiqué qu'il ne souhaitait pas réserver « à la seule sphère publique l’organisation de GHT. »

Enfin, ce dernier a rappelé le mantra des hospitaliers : « La convergence des devoirs », c’est-à-dire que « l’ensemble des acteurs financés par l’Assurance maladie doivent prendre part à leurs obligations » notamment dans la lutte contre les déserts médicaux. La mise en oeuvre des projets médicaux partagés, qui devaient par ailleurs être achevés au plus tard le 1er juillet dernier, pourrait à l’avenir mieux associer la sphère médicale privée, a suggéré Frédéric Valletoux.

« Ce n’est pas être grand clerc que de dire que l’avenir est aux coopération renforcées », a-t-il conclu. Public/Privé, le prochain grand amour au coeur des GHT ? À suivre…

Source: 

Thomas Moysan

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