Face à leur propre mort, les médecins ne se comportent pas comme les patients

La fin de vie n’est pas la même pour tous

Les médecins semblent ne pas aborder la fin de vie de la même manière que le reste de la population. Deux études américaines viennent en effet de montrer qu’ils ont plus de chance de mourir chez eux, et moins de chance de mourir après un séjour en soins intensifs.

 

Alors que la proposition de loi sur la fin de vie, avec son débat sur la sédation profonde, doit faire son retour à l’Assemblée en début de semaine prochaine, deux études américaines viennent mettre en évidence un curieux phénomène. A la fin de son existence, le médecin moyen ne semble pas réagir de la même manière que le reste de la population.

La première étude, publiée dans JAMA cette semaine, se fonde sur des données du programme américain Medicare et porte sur près de 700 000 décès intervenus dans quatre Etats américains entre 2004 et 2011. Les auteurs ont comparé les décès qui concernent les médecins et les autres.

D’après leurs données, 28 % des médecins meurent à l’hôpital, contre 32% dans la population générale. De même, 25 % des médecins ont eu une opération chirurgicale et 26 % ont été admis en soins intensifs dans les six derniers mois de leur vie. Des chiffres qui s’élèvent respectivement à 27 % et 28 % dans la population générale.

« Bien que faibles, ces différences suggèrent que les médecins reçoivent des traitements moins agressifs », écrivent les auteurs. Pour expliquer les résultats, ils citent notamment « la connaissance du poids et de la futilité des soins intensifs en fin de vie » ainsi que « des ressources financières permettant de payer pour des options de traitements alternatives tels que les soins palliatifs ou les soins infirmiers à domicile ».

Préférence pour la mort chez soi

La deuxième étude, elle aussi publiée dans JAMA cette semaine, se fonde quant à elle sur des données d’enquête issues du US Census Bureau, et porte sur près de 500 000 décès intervenus entre 1979 et 2011. Parmi ces décès, 63 % de ceux qui concernent des médecins ont eu lieu dans une structure de santé. Un chiffre qui atteint 65 % pour les autres professionnels de santé, 66 % pour les autres personnes ayant reçu une éducation supérieure et 72 % pour le reste de la population.

« Les professionnels de santé fréquentent la mort de manière presque quotidienne », explique au site ABC News le Dr Joel Weismann, auteur principal de la première étude. Ils sont donc bien placés pour savoir que des soins supplémentaires ne conduisent pas toujours à une meilleure qualité de vie, poursuit-il.

Il semble donc que les médecins mettent à profit leurs connaissances pour s’éviter des souffrances inutiles. Qui pourrait leur jeter la pierre ?

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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