#DocteurGreen - Les déchets hospitaliers, ces aventuriers du quotidien

La vie trépidante des poubelles de la Pitié

Quand on travaille à l'hôpital, pour limiter son impact environnemental, il y a un geste essentiel et pas toujours bien maîtrisé: le tri. Mais qu'arrive-t-il à nos déchets une fois qu'on les a jetés? Reportage à la Pitié Salpêtrière (APHP).

 

A la Pitié Salpêtrière, il existe 24 filières différentes pour le traitement des déchets. Les principales sont évidemment les DAOM (Déchets assimilés aux ordures ménagères), et les DASRI (Déchets d'activités de soins à risques infectieux), représentant à elles seules 82% du volume des déchets total sur l’année. On compte également des filières pour les déchets chimiques, le carton, le papier, ou encore le métal.

Il y a également des filières de plus petites taille: tout le monde connaît la boîte à piles, mais à l’hôpital, il y aussi la poubelle pour les radios, les pace-maker, les déchets radioactifs, les huiles, les aérosols, les cartouches, etc. Certaines filières sont même valorisées, donc coûtent moins cher, car c’est du recyclage : c’est le cas des cartons, papier, et métaux notamment.

Traiter les ordures comme il se doit

Pour bien comprendre le cheminement de l’ordure, revenons à la source. Dans un service, un déchet non infectieux est jeté dans un sac noir. Direction les DAOM. Le sachet, refermé, est remis dans de plus grosses poubelles, qui vont-elles-même transiter vers le rez-de-chaussée dans un ascenseur spécial. Dehors, direction un petit abri, où un employé viendra dans la journée récupérer l’ensemble des poubelles : il les attache ensemble, et les fait rouler jusqu’à la plateforme à déchets. Là, les poubelles DAOM sont vidées dans deux compacteurs, eux-mêmes régulièrement vidés dans la journée par des prestataires qui les transportent jusqu’au point d’élimination où ils seront incinérés.

Pour le sac jaune, le parcours est le même, sauf qu’au lieu de rejoindre les grosses poubelles grises, il rejoindra les jaunes. Puis, sur la plateforme à déchets, les poubelles passent devant un détecteur de radioactivité. Si l'une d'entre elle émet trop de radiations, elle patientera dans le parc jusqu’à ce que son taux descende… Les autres sont récupérées plusieurs fois par jour par un prestataire, transportées en dehors de l’hôpital, et incinérées à température beaucoup plus haute que pour les DAOM.

Toujours plus d'écologie

Quant aux autres filières, elles ont chacune leurs bennes/poubelles attitrées, ramassées à différentes fréquences, et traitées chacune de façon adaptée. On recycle le papier et le carton par exemple. Mais le papier confidentiel sera coupé en vraiment tout tout tout petits morceaux, alors que pour le papier normal, ce sera juste des tout petits morceaux.

Une sacrée organisation donc, pour prendre en charge les conséquences d'un geste aussi simple que de jeter quelque chose à la poubelle. D'où l'importance pour les médecins de mieux maîtriser toutes les subtilités du tri... D'autant plus qu'en la matière, on va vers toujours plus de complexité : les responsables développement durable de l’hôpital recevaient justement une éco-entreprise il y a quelques semaines, pour mettre en place une filière de recyclage du mobilier.

Les mots d’ordre : recycler un maximum, et continuer sur la voie de la préservation de l’environnement.

Source: 

Cécile Lienhard

Portrait de La rédaction

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