Déserts médicaux : le CESE sur le fil du rasoir

J’ai entendu conventionnement sélectif !

L’une des propositions du Conseil Économique, Social et Environnemental sur les déserts médicaux a fait réagir les syndicats médicaux. Elle concerne l’installation en secteur 2, dans les zones surdotées… Conventionnement sélectif, vous dit-on !

Il y a des sujets sur lesquels les médecins libéraux sont un peu chatouilleux. Le conventionnement sélectif en fait partie, Mais le Conseil Économique, Social et Environnemental (Cese) tente quand même une approche.

Le 13 décembre, il a rendu public son avis sur les réponses à apporter à la désertification médicale. L’une d’entre elle n’a pas manqué de faire réagir les syndicats. Il s’agit d’interdire l’installation des spécialistes en secteur 2 dans les zones surdotées. Une forme de conventionnement sélectif, donc.

Aux armes, syndiqués

Un avis qui n’a pas manqué de faire réagir. La CSMF dénonce dans un communiqué « le recours à de vieilles recettes éculées sur la régulation de l’installation », arguant que les zones sur-denses n’existent pas. Les médecins manquent partout, d’après le syndicat.

Un sentiment que partage la ministre de la Santé. « Il n'y a pas à proprement parler de territoires surdotés en France à part une ou deux villes. La répartition des médecins est globalement la même depuis 30 ans », estime-t-elle. Agnès Buzyn évite donc la zone sensible. Elle rappelle à qui veut l’entendre qu’il n’est pas question d’instaurer une quelconque mesure coercitive.

Le syndicat ReAGJIR, réunissant pourtant des médecins généralistes a priori pas concernés par la proposition, s’inquiète également. « Le message que cet avis envoie aux internes, aux externes et à tous les futurs médecins, c’est une limitation de la liberté d’installation, qui est l’un des seuls avantages à s’installer en libéral », explique Yannick Schmitt à What’s up Doc.

De bonnes idées, quand même

En revanche, tous s’accordent à dire que les autres propositions du CESE sont intéressantes. « Le rapport est plutôt pertinent en dehors du conventionnement sélectif », estime Yannick Schmitt. Les consultations avancées, par exemple, semblent faire l’unanimité si elles s’exercent sur la base du volontariat. Les médecins installés dans des zones à densité forte pourraient réserver une journée pour pratiquer en désert médical.

Autre avis rendu : des aides pour les médecins en secteur 1 destinées à leur fournir un secrétariat médical, et ainsi augmenter le temps médical disponible des praticiens débordés. Ces aides viendraient en remplacement de celles qui existent déjà, « porteuses d’un effet d’aubaine excessif », explique le CESE. « Les aides sont perçues par des médecins qui se seraient installés de toute façon ou qui étaient déjà installés ».

Il souhaite également que soit favorisés les stages dans les zones sous-denses, que ce soit en médecine générale ou de spécialité. Les autres propositions sont moins originales : favoriser l’emploi-retraite, le développement de l’exercice ambulatoire et des centres de santé, la prévention, la télémédecine, l’amélioration de la coordination entre spécialités… L’appréciation des syndicats : bon élève, motivé mais dissipé. Encouragements, mais attention à l’avertissement de discipline.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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