Depuis 20 ans, les accidents du travail chez les femmes sont en hausse

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Depuis 20 ans, les accidents du travail ont baissé chez les hommes mais connaissent une progression inquiétante chez les femmes, qui représentent maintenant plus du tiers des accidents selon une récente étude de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact).

Depuis 20 ans, les accidents du travail chez les femmes sont en hausse

Selon ce rapport qui porte sur 2001-2019, la diminution des accidents reconnus sur cette période (-11% à 650 000, hors accidents de trajet et maladies professionnelles) confirme la baisse chez les hommes (-27%) mais masque une nette progression chez les femmes (+42%).

Entre 2013 et 2019, le nombre global d'accidents est même un peu reparti à la hausse (+6%) avec une stabilisation pour les hommes et une augmentation (+18%) pour les femmes.

Fin décembre 2021, le ministère du Travail constatait aussi que, depuis dix ans, "le nombre d'accidents et leur indice de fréquence ne baissent plus", à part en 2020 du fait des confinements.

Selon l'Anact, en 2018, pour un million d'heures rémunérées, les hommes ont subi 24 accidents et les femmes 18, des chiffres qui se rapprochent depuis 2001.

En terme d'arrêt, les accidents des femmes (73,8 journées perdues par accident) sont plus graves que ceux des hommes (67,9 journées), et ce dans tous les secteurs sauf le BTP.

Mais les femmes sont moins exposées à des accidents mortels : ceux-ci concernent à 90% des hommes.

" Les femmes entrent dans les secteurs à prédominance masculine dans des postes exposés au risque d’accident de travail "

Quatre grands risques sont à l’origine de la plupart des accidents : la manutention manuelle représente la moitié des accidents, les chutes de plain-pied 17%, les chutes de hauteur 11% et l’outillage à main 8%.

Le secteur le plus accidentogène pour les hommes demeure le BTP avec 87 000 accidents reconnus. Alors que l’augmentation des effectifs du BTP est de 40% sur 2001-2019, les accidents pour les hommes baissent de 30% tandis que ceux des femmes augmentent de 85%.

Le même décalage entre hommes et femmes s'observe dans les transports ou l'énergie.

L'Anact en tire la conclusion que "les femmes entrent dans les secteurs à prédominance masculine dans des postes exposés au risque d’accident de travail" où "les politiques de prévention les protègent insuffisamment".

De même, dans les secteurs à prédominance féminine (santé, social, nettoyage et intérim, commerce et industries de l’alimentation), l'Agence constate que "les femmes exercent des métiers où les risques sont vraisemblablement sous-évalués et où les politiques de prévention sont encore insuffisamment développées".

En conséquence, elle appelle à "une prise en compte des conditions d’exposition différenciées des femmes et des hommes pour progresser dans l’évaluation et la prévention des risques".

Avec AFP

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