COVID-19 : une association propose du coaching pour les soignants en difficulté

Et si les soignants fragilisés par la crise sanitaire faisaient appel à un coach ? C’est la proposition inédite de l’association lyonnaise 1001 Tremplins qui propose désormais, à moindre coût, une écoute, un accompagnement, un soutien à tous les soignants qui en ont besoin. Nous avons interrogé le président de l’association, Guillaume Dubus, consultant en ressources humaines et coach au sein du cabinet Talentiel RH, basé à Lyon.
 

What’s up Doc. Pourquoi l’association 1001 Tremplins a décidé de proposer un accompagnement et un soutien aux soignants qui en ont besoin ?

Guillaume Dubus. C’est d’abord une façon de remercier les soignants pour tout ce qu’ils ont fait, quel que soit leur niveau de revenus. Le personnel soignant peut bénéficier de soutien psychologique dans les établissements de santé, mais il est surtout proposé durant des épisodes de stress intense et dans les situations d’urgence. À l’inverse, nous proposons un accompagnement sur la durée, avec des séances d’une heure et demi à deux heures une fois par mois qui peuvent s’échelonner sur 6 à 8 mois. Il ne s’agit pas d’un accompagnement pour gérer des situations de stress ponctuel. Nous partons du principe que le personnel soignant a peut-être eu durant cette période des difficultés dans leur écosystème. Peut-être que certains ont été impactés dans leur vie personnelle, dans leurs relations avec leurs enfants, dans leur relation de couple. Peut-être qu’ils sont sortis de cette crise avec des questionnements sur leur métier. Nous les accompagnons donc sur la durée pour les aider à trouver des solutions, à faire des remises en question. Il s’agit d’une approche systémique globale qui va au-delà de « je suis crevé et j’ai connu période de stress et j’ai besoin de me requinquer ». Notre action va bien au-delà. Il s’agit de retrouver un équilibre et de la sérénité sur la durée.

On développe son potentiel et on le met en mouvement

WUD. Comment tout cela fonctionne ? Quelles actions mettez-vous en place ?

G.D. Le principe de ce type d’accompagnement, c’est qu’on n’est pas sur le pourquoi, mais plutôt sur le comment. À chaque fin de session, on fait réfléchir notre interlocuteur à ce qu’il pourrait mettre en œuvre pour résoudre ses problématiques. Notre travail, c’est de lui donner suffisamment de confiance et d’estime en lui-même pour qu’il puisse y arriver. Notre approche est très orientée sur la pensée positive. On travaille sur les points forts de la personne et non ses points faibles. On développe son potentiel et on le met en mouvement, en lui demandant de faire des actions concrètes liées aux difficultés qu’il peut avoir. Enfin, avant même d’être dans des plans d’action, il y a bien sûr des phases d’écoute, sans jugement, toujours avec un regard bienveillant. Nous aidons les personnes à vider « la hotte des sentiments ».

Développer l’affirmation de soi

WUD. Quelles actions pourraient être particulièrement adaptées aux soignants ?

G.D. Le personnel soignant a pu être très mobilisé ces derniers mois, ce qui fait que certains se sont peut-être déconnectés, éloignés de leur univers familial, en devant parfois dormir en dehors de leur domicile. Ils sont donc sortis de cette crise fatigués et doivent par exemple recréer leur relation de couple. On peut leur proposer la réflexion suivante : « plutôt que d’accuser l’autre, qu’est-ce que je peux faire moi-même pour influencer la relation ? ». Il y a un travail d’introspection à faire, une réflexion sur le sens de cette relation. Et l’action qui peut en découler peut être : comment dire à l’autre ce que je ressens avec sincérité et authenticité. Cela correspond à développer l’affirmation de soi, pour trouver conjointement avec l’autre une solution. Quand les personnes sortent de périodes difficiles, elles n’osent pas toujours faire ce genre d’autorisations et de permissions. Et, quand elles franchissent le cap, elles le font avec beaucoup de maladresse, ce qui ne fait qu’envenimer les choses. Donc, nous les aidons à faire ce travail de préparation.

Le soutien psychologique d’un psy a ses limites

WUD. Vous parliez tout à l’heure d’écoute active, mais c’est aussi ce que font les psychiatres et les psychologues. Est-ce que le personnel soignant n’aurait pas plutôt besoin d’un psy et non d’un coach ?

G.D. Comme le psy, nous allons écouter. La différence, c’est que nous allons travailler sur ces plans d’action en travaillant sur le comment et non sur le pourquoi. Le psy a sa raison d’être quand il s’agit d’une difficulté chronique. Quand, par exemple, quelqu’un tombe vite dans l’addiction et qu’il est stressé, il faut se poser la question du pourquoi. De nôtre côté, Nous allons intervenir quand une personne, suite à un événement particulier, va se retrouver confrontée à une difficulté qu’elle n’avait pas avant. Cela ne vient pas de son enfance ou de la difficulté qu’elle avait avec ses parents dans son enfance. C’est juste un événement qu’elle doit pouvoir gérer. L’avantage du coaching, c’est qu’on trouve beaucoup plus vite des solutions parce que l’on n’a pas quelque chose de chronique à gérer, comme par exemple la dépression ou l’addiction. Le soutien psychologique d’un psy a ses limites. Parce que quand vous avez une difficulté au quotidien à gérer suite à un changement dans votre vie, ce n’est pas forcément efficace de se retrouver face à un psy qui va vous interroger sur votre enfance.

WUD. Votre coaching se rapproche-t-il de la thérapie comportementale ?

G.D. Oui, le coaching se rapproche de la thérapie comportementale. Nos outils sont la PLN (programmation neuro-linguistique), l’analyse transactionnelle, l’approche systémique, la thérapie brève et effectivement, tout ce qui a trait à la thérapie cognitive et comportementale. Tous nos coachs sont certifiés. Ils ont suivi une formation spécifique de coaching reconnue par l’État. Et, en plus de leur formation de coach, ils ont une certification dans un domaine d’expertise particulier : PNL, l’analyse transactionnelle…
 

Informations pratiques :
Pour bénéficier d’un coaching solidaire et être accompagné par un coach professionnel de 1001 Tremplins, contactez l’association par téléphone (06 30 37 75 24) ou par mail : contact@1001tremplins.org, ou en allant directement sur : http://1001tremplins.org/besoin-dun-coach. Votre demande sera ensuite transmise à un coach, avec qui vous déterminerez votre parcours d’accompagnement. Les consultations peuvent se faire par téléphone, par webcam ou en face à face. Le tarif est seulement de 6 € par heure de coaching, après avoir adhéré à l’association (25 €).

 

Portrait de Julien Moschetti

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