Covid-19 : un étudiant en santé sur deux en détresse psychologique

Les premiers résultats de l’étude CNA-CORE, menée auprès de 10 000 étudiants en santé pendant le confinement confirme les remontées du terrain. L’épidémie de Covid-19 a eu un impact considérable sur les étudiants en santé.

Parmi les 65% d’étudiants mobilisés auprès des patients pendant l’épidémie de Covid-19, plus de la moitié ont montré des signes de détresse psychologique. C’est l’un des résultats préliminaires de l’étude CNA-CORE, pilotée par le Dr Donata Marra et le Centre d’étude et de recherche en épidémiologie. Le Centre national d’appui a été créé en juillet 2019 pour améliorer la qualité de vie des étudiants en santé.
Plus de 10 000 étudiants ont répondu à cette étude menée pendant le confinement et l’ensemble des structures représentatives des étudiants en santé de France y ont été associées (ANEMF, ANEPF, FNEK, ISNAR-IMG, etc…). Parmi eux, plus de la moitié ont eu un score élevé à l’échelle de détresse psychologique de Kessler. 13% ont déclaré avoir consommé davantage de substances psychotropes (tabac, alcool, cannabis) et 7% davantage de médicaments.
 

Sommeil en baisse, psychotropes en hausse

Selon leur rôle et le type d’activités effectuées pendant la crise Covid, l’impact psychologique n’a pas été le même pour tous. 38% des étudiants qui étaient en première ligne (urgences, réanimation, gériatrie, unités Covid) ont consommé plus de psychotropes et ont eu un sommeil de plus mauvaise qualité. 16% des étudiants en seconde ligne (régulation Samu, plateformes téléphoniques, recherche clinique) ont été plus nombreux à avoir un score de détresse psychologique élevé. Enfin, les 46% d’étudiants confinés sans activité clinique ont déclaré souffrir des incertitudes qui planaient sur leurs études : modalités et dates des concours et examens (Paces, ECNi, mémoire de fin d’étude, diplôme…), durée des stages, etc. Tous ont déclaré avoir majoritairement un besoin de « repos » et de « changer d’air ».
 

Un plan de bataille pour la rentrée

L’étude ne se contente pas de dresser un bilan. Elle interroge aussi les étudiants sur ce dont ils auraient besoin pour aller mieux. Leurs attentes prioritaires sont les suivantes : des informations concrètes sur le déroulement des examens (voire un report), reprendre des révisions normales à la BU pour réussir à se concentrer et être efficace, reprendre un minimum de vie sociale.
Ils signalent aussi ce qui a été particulièrement difficile pour eux sur le plan pédagogique : suivre uniquement des cours en ligne -parfois moins adaptés- avoir autant de cours et de devoirs qu’en temps normal alors que la concentration n’était pas au rendez-vous. Ils soulignent aussi le manque de disponibilité et d’encadrement de la part des professionnels de santé, trop pris par la gestion de la crise sanitaire.  
Pour éviter le décrochage des étudiants, le Centre national d’appui émet les propositions suivantes pour la rentrée prochaine : privilégier l’accueil des étudiants en présentiel, délivrer des informations précises sur l’année qui vient, apporter du soutien aux tutorats étudiants, aborder les situations difficiles vécues durant la pandémie dans les enseignements d’éthique, de sciences humaines et maintenir l’accès aux salles de travail et BU, même en accès restreint si besoin.
 
 
 
 

Portrait de Sophie Cousin

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