Conflits d’intérêts : et la pire fac de médecine est…

Le Formindep distribue les bonnets d’âne

Le Formindep a dévoilé un classement des facs les plus vertueuses en matière de relations avec Big Pharma. Et ce n’est pas joli-joli…

Les chevaliers blancs de l’indépendance ont encore frappé. Le Formindep, puisque c’est de la fameuse asso médicale qu’il s’agit, vient de publier dans la revue Plos One un classement des facs de médecine françaises en fonction de leur politique de gestion des conflits d’intérêts. Et les résultats ne sont pas brillants : sur une échelle qui va de A à E, la meilleure note est… D.

Pour en arriver à ce résultat, le collectif s’est appuyé sur une méthodologie inspirée de la scorecard de l’American Medical Student Association (Amsa). Le Formindep a adapté cette grille américaine aux réalités des facs françaises, et a établi treize critères portant sur les cadeaux de l’industrie, le ghostwriting (rédaction d’articles par des auteurs anonymes fournis par l’industrie), ou encore la sensibilisation aux conflits d’intérêt dans les enseignements.

Tous derniers

Au terme de ce travail, le bilan est sans appel. « Aucune faculté de médecine française n’avait en juin 2016 développé de politique écrite concernant les conflits d’intérêts ou les interactions avec l’industrie pharmaceutique », concluent les auteurs. Et le Formindep d’en rajouter une couche : « peu d’attention est prêtée en France au problème des conflits d’intérêts au cours des études médicales. ».

Il est vrai que les résultats sont plutôt désastreux. La fac qui arrive en tête (Lyon 1) obtient 5 points sur un maximum de 26. Angers n’est pas loin, avec 4 points. Derrière, 7 facs ont 1 point, et les 28 autres n’en n’obtiennent aucun. En résumé, la pire fac de médecine en matière de relations avec les labos, c’est… presque toutes.

Seuls trois doyens ont répondu

Du côté d’Angers, la deuxième place obtenue à ce classement n’est pas vue comme une occasion de fanfaronner. « Je pense que notre rang est non significatif, et lié au fait que j’ai répondu au Formindep », confie le Pr Isabelle Richard, doyenne de la fac.

Cela n’a en effet pas été le cas de toutes les facs. « Seuls trois doyens nous ont répondu, en dépit de nombreuses relances de notre part », note Paul Scheffer, auteur principal de l’étude, dans un article publié hier sur le site du Formindep. Les résultats sont donc à prendre avec des pincettes, car ils sont basés sur une information très incomplète.

Une culture à développer

Pour Isabelle Richard, le Formindep a toutefois eu une « bonne initiative » susceptible de « faire progresser les choses ». « Je pense que la culture de la prévention des conflits d’intérêts n’est pas suffisamment développée dans le monde hospitalo-universitaire », explique la doyenne, qui juge cependant que l’influence des labos passe plus par les services hospitaliers que par l’université.

Isabelle Richard n’est pas entièrement convaincue par la nécessité d’établir un classement, même si elle reconnaît qu'il s’agit d’un outil de communication efficace. « Sur ce sujet, l’objectif n’est pas d’être meilleurs les uns que les autres, c’est d’être tous bons », insiste-t-elle.

Source: 

Adrien Renaud

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