Coeur artificiel : Un premier succès, mais à l’étranger…

L’ANSM a peur de la mort

Mercredi dernier, un homme a été greffé d’un véritable coeur, après avoir vécu huit mois à l’aide d’un coeur artificiel conçu par la société française Carmat. L’opération s’est déroulée à Astana (Kazakhstan), car l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) reste réservée.

 

« L’excellent fonctionnement de la prothèse pendant 8 mois ainsi que l’amélioration considérable de l’état de santé du patient renforcent notre confiance dans le potentiel du cœur Carmat pour traiter efficacement l’insuffisance cardiaque terminale », a déclaré Stéphane Piat, directeur général de la société française, dans un communiqué publié mercredi.

 

Il s’agit la première transplantation cardiaque d'un greffon de cœur qui n’a pas échoué, chez un patient qui était porteur d’un coeur artificiel depuis octobre 2017. Il avait été greffé dans le cadre d’une étude pivot. Souffrant d’une hypertension pulmonaire, le patient ne pouvait pas prétendre à la transplantation cardiaque d’un greffon.

 

« 20 patients implantés d'ici la fin de l'année 2018 »

 

« Durant cette période, notre équipe a été capable d’observer l’amélioration de l’hypertension pulmonaire grâce aux données hémodynamiques fournies en continu par la bioprothèse Carmat », explique le Dr. Yuriy Pya, DG du National Research Center for Cardiac Surgery d’Astana. C’est lui et son équipe qui ont effectué l’opération. « Le patient était en excellent état de santé avant la procédure de transplantation et il ne prenait que de légers anticoagulants ».

 

Le succès de cette étude pivot va permettre à la société française d'implanter 20 patients d'ici la fin de l'année 2018. Aucune opération n’aura lieu en France. « C’est nous qui allons former, avec mon collègue de l’hôpital Pompidou, les équipes à l’étranger », racontait en avril dernier le professeur Daniel Duveau, à Libération.

 

« L’ANSM ne voulait pas de décès »

 

Ce chef de service de chirurgie cardiaque au CHU de Nantes est à l’origine de deux des quatre premières implantations. Il explique que si la France ne peut pas accueillir les prochaines opérations, c’est la faute à l’Agence nationale de sécurité des médicaments : « L’ANSM ne voulait pas de décès. Nous, on avance pas à pas, il faut être patient ».

 

« Ne pas mourir, c’est évidemment notre objectif à tous. Mais les patients sur lesquels on intervient ont bien souvent que quelques semaines à vivre, et là aujourd’hui avec ce cœur, on leur offre plusieurs semaines, voire une année pour l’un de mes malades. » Une chance que la France ne semble pas encore prête à saisir.

Source: 

Thomas Moysan

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