Au Canada, les représentants des futurs médecins ont organisé une journée d’action politique au Parlement. Au programme : lobbying intensif.
En Amérique du nord, le lobbying est un art. Une institution, même. Imagine-t-on l’Anemf monter à Paris pour prendre d’assaut l’Assemblée ? Faire signer aux députés des déclarations de soutien en faveur des salles de shoot ? C’est pourtant à peu près ce qui vient de se passer au Canada.
Lundi dernier, de nombreux représentants de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC) se sont pressés vers la colline du Parlement, à Ottawa. Objectif affiché : « promouvoir une approche préventive » de la crise des opioïdes. Les représentants étudiants ont ainsi rencontré plusieurs dizaines de législateurs pour leur demander de s’engager sur la question. Photos à l’appui.
C’est la crise (des opioïdes)
Depuis plusieurs mois, le Canada s’inquiète d’une véritable épidémie d’overdoses de morphine et autres dérivés. Il faut dire que le pays est champion du monde en matière de consommation d’opioïdes. Le fentanyl, un antalgique surpuissant qui inonde le marché noir nord-américain, est montré du doigt. Mais d’autres facteurs sont en cause, comme la surprescription et une mauvaise prise en charge de la douleur chronique.
La crise des opioïdes a poussé le gouvernement fédéral à réagir. En novembre 2016, la ministre de la Santé Jane Philpott a introduit un projet de loi qui vise notamment à simplifier la vie des collectivités souhaitant implanter des centres d’injection. Une stratégie que soutiennent les carabins canadiens, qui demandent en outre aux décideurs d’améliorer l’accès aux centre antidouleur et d’investir dans la recherche.
Un lobbying de pro
Cette prise d’assaut du Parlement par la FEMC n’est pas une première. Chaque année, le syndicat étudiant organise une journée d’action politique, ou Lobby Day, au Parlement fédéral. Une façon pour les carabins de peser sur le débat public, et de faire entendre la voix des jeunes médecins sur des questions jugées essentielles.
L’année dernière, les carabins se faisaient ainsi les défenseurs du Pharmacare, un projet d’assurance-médicaments. À chaque fois, la FEMC combine la rencontre de parlementaires avec une campagne de communication complète – communiqués de presse, campagne sur les réseaux sociaux, film promotionnel. De quoi donner des idées à nos syndicalistes…
Source:
Yvan Pandelé
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