Activité libérale à l’hôpital : les revenus progressent

115 000 euros d’extras en moyenne

La Commission Centrale de l’Activité Libérale de l’AP-HP (CCAL) a publié son rapport pour l’année 2016. Parmi les principaux enseignements : un peu moins de médecins concernés, et un peu plus d’argent.

Pour quelques médecins parisiens, l’AP-HP fait office de cabinet médical plutôt rentable. Ce lundi 11 décembre paraissait le rapport de la CCAL, la commission qui régule l’activité libérale au sein des hôpitaux franciliens. Il souligne une hausse de l’activité, qui s’établit à près de 39 millions d’euros. C’est environ 6 % de plus qu’en 2015.

Plus de 100 000 consultations et près de 67 000 actes ont été réalisés, ce qui reste assez largement inférieur à l’activité publique, le rapport étant d’environ un pour trois. L’activité libérale est en revanche très rémunératrice. En moyenne, les honoraires des praticiens hospitaliers concernés s’établissaient à 115 000 euros en 2016.

35 % des chirurgiens opèrent en privé

Sur les 5 308 praticiens éligibles à une activité libérale au sein de l’AP-HP, seuls 350 en profitent (6,6 %). Le titre le plus représenté est celui de PU-PH : ils comptent pour près de 70 % des effectifs (243), et environ un sur cinq a une activité mixte.

Du côté des spécialités, l'exacte moitié (175) des praticiens sont des chirurgiens, et plus d’un tiers des chirurgiens ont une activité privée (35 %). Les orthopédistes sont les plus nombreux (36), et les spécialistes en chirurgie vasculaire et maxillo-faciale sont les plus libéraux (64 et 62 %), dans des domaines comptant peu de praticiens. Suivent les ophtalmologistes, les ORL et les urologues.

Enfin, les spécialités les plus représentées parmi les activités privées sont la cardiologie (un sur dix) et la gynécologie (un sur treize)

Tout le monde est content ?

Le revenu moyen de 115 000 euros n’est pas représentatif de l’ensemble de l’activité. Sur les 350 médecins concernés, 106 ont gagné moins de 50 000 euros, alors que sept médecins-stars en ont chacun amassé plus de 450 000 ! Des sommes coquettes, reversées en partie à l’hôpital accueillant : l’activité privée des établissements franciliens a rapporté un peu moins de 10 millions d’euros à l’AP-HP.

Une somme qui vient mettre un (tout petit) peu de beurre dans les épinards, dans une période de difficultés financières pour le groupement hospitalier. La CCAL veille néanmoins aux règles d’exercice. « Le  praticien  exerçant  une  activité  libérale  au  sein de  l’AP-HP  doit  exercer  son  activité  sans  qu’elle ne porte atteinte à son volume d’activité publique, déclarer régulièrement son activité publique et libérale et ses honoraires, régler une redevance pour compenser l’utilisation des moyens hospitaliers et veiller à l’information des usagers sur les tarifs pratiqués », rappelle la commission. Malgré quelques (rares) abus, aucune sanction n’a cependant été prononcée.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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