5 chiffres à connaître sur la santé en France en 2022 (surtout quand on est médecin)

Dans une campagne présidentielle marquée par l'épidémie de Covid-19, la santé est une préoccupation majeure des électeurs. Voici cinq chiffres illustrant la santé des Français et l'état de leur système de soins.

7 Français sur 10 "en bonne santé"

Quelque 73% des Français de métropole se déclarent "en bonne santé", selon un baromètre de la Drees (direction des études du ministère de la Santé) publié en février 2021.

La France ne se classe toutefois que 14e sur 27 sur cet indicateur dans l'Union européenne, selon Eurostat. A bonne distance du leader irlandais (83%), mais loin devant la Lettonie (50%) et la Lituanie (44%) qui ferment la marche.

La pandémie de Covid-19, qui frappe le monde depuis deux ans, a eu un fort impact sur la santé mentale des Français, puisqu'à l'automne 2021, selon la dernière vague de l'enquête CoviPrev de Santé Publique France, 17% des Français montraient "des signes d'un état dépressif" - contre 10% hors épidémie - et 23% "des signes d'un état anxieux" - contre 14% hors épidémie.

227 945 médecins en activité

La France comptait 227.945 médecins en activité au 1er janvier 2021, selon la Drees. Soit 338 pour 100.000 habitants, une proportion qui a peu évolué ces dernières années (+1% sur cinq ans).

Mais dans le détail, si beaucoup de spécialités ont étoffé leurs effectifs, la médecine générale a, elle, perdu des plumes, passant en cinq ans de 153,4 à 149,5 médecins pour 100.000 habitants (-2,5% sur cinq ans).

En métropole, les habitants de Provence-Alpes-Côte-d'Azur sont les mieux lotis, avec 406 médecins pour 100.000 habitants, tandis que les Normands (292) sont lanterne rouge.

A l'échelle européenne, la France se situe en queue de peloton, se classant 18e sur les 19 pays de l'UE qui communiquent leurs données, selon Eurostat (données 2019). La France est très loin de l'Autriche, qui domine ce classement avec 532 médecins pour 100.000 habitants.

11% de Français vivent dans un désert médical

Entre 5,7% et 11,1% de la population française, selon la définition retenue, habite des territoires sous-dotés en médecins généralistes, selon une étude de la Drees publiée en 2020 (données 2018). Soit entre 3,7 et 7,4 millions de personnes qui vivent dans une zone où ils peuvent bénéficier en moyenne de moins de 2,5 consultations par an, contre une moyenne nationale de 3,9 consultations par an.

La proportion de personnes subissant ces déserts médicaux est en forte augmentation, d'environ 50% en cinq ans.

Ces territoires sont situés "principalement en zone rurale et dans la banlieue éloignée de petites villes et des métropoles", "essentiellement dans le centre et le nord-ouest de la France, mais également dans certaines communes de la région parisienne (notamment dans le Val-d’Oise et en Seine-et-Marne)".

A plus de 30 minutes d'une maternité

Ces 20 dernières années, les maternités se sont progressivement éloignées des femmes.

Alors qu'en 2000, une femme en âge de procréer sur 18 (5,7%) habitait à plus d'une demi-heure de la maternité la plus proche, cette proportion a grimpé à une femme sur 13 (7,6%) en 2017, selon une étude de la Drees publiée en juillet.

Un éloignement que l'étude attribue principalement aux "fermetures d’établissements", leur nombre étant passé sur la période de 717 à 496. Si l'offre de maternités était restée inchangée, cette part se serait réduite, à une femme sur 19 (5,3%).

7 internes sur 10 travaillent plus que le maximum légal

A l'hôpital, sept internes sur dix travaillent plus que le maximum légal fixé à 48 heures par semaine, selon une étude OpinionWay, réalisée pour le compte du ministère de la Santé à l'été 2021. Ce plafond est souvent largement dépassé, puisque plus d'un interne sur deux (52%) dit travailler "plus de 51 heures" hebdomadaires.

Par ailleurs, la plupart des internes travaillent plus que leurs huit demi-journées de service obligatoires. C'est par exemple le cas de 76% des internes des urgences et 98% des internes en chirurgie. Ils sont présents, le plus souvent, deux ou trois demi-journées supplémentaires par semaine.

Avec AFP

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