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« Il fallait signaler cette situation gravissime, avec des agents qui pleurent, qui verbalisent une souffrance, des risques psychosociaux importants et des patients qui s'accumulent faute de lit dans les étages », a déclaré à l’AFP Déborah Le Lièvre, secrétaire générale CGT de l’établissement.
Selon le Code du travail, un salarié doit alerter immédiatement son employeur s’il a un « motif raisonnable » de penser qu’une situation présente « un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ».
Dans ce signalement consulté par l’AFP, la CGT dénonce un climat d’« épuisement professionnel, de stress chronique et de détresse morale » susceptible d’entraîner accidents et maladies.
Des causes structurelles dénoncées
D’après le syndicat, cette crise trouve son origine dans une politique continue de réduction des lits d’hospitalisation, la baisse de la masse salariale, et l’inaction face aux alertes répétées du personnel.
Déborah Le Lièvre demande une réorganisation en profondeur du service des urgences, s’appuyant sur les recommandations d’un rapport récemment rendu par la Société française de médecine d'urgence (SFMU).
Une direction qui invoque un contexte national
Contactée par l’AFP, la direction du CHU évoque un contexte national tendu, lié à « la grève des médecins libéraux et à une circulation soutenue des virus hivernaux ». Elle reconnaît des difficultés « principalement en aval des urgences, en raison de la saturation des capacités d’accueil », et indique avoir ouvert « dix lits supplémentaires dès hier soir ».
« Le CHU ajuste en continu son organisation afin de garantir la sécurité des patients et la qualité des soins », conclut la direction.
Plus d'internes depuis novembre
Depuis le 3 novembre, le manque de médecins encadrants a conduit l’UFR Santé de Caen à suspendre l’agrément du service des urgences pour la formation des internes. Ces derniers ont été redéployés vers d’autres établissements.
Désormais, après un tri infirmier, seuls les patients présentant une atteinte immédiate à leur intégrité physique ou psychologique sont pris en charge aux urgences. Les autres sont réorientés.
Un soutien ponctuel par SOS Médecins
Depuis début décembre, des consultations de médecine générale sont assurées par SOS Médecins au sein même des urgences du CHU, dans le but de fluidifier le parcours des patients et d’alléger la pression sur les équipes en place.
Avec AFP
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