Sonio, le diagnostic prénatal à portée de clics

Et si poser un diagnostic prénatal devenait un jeu d’enfant ? Lancé il y a quelques mois, l’IA Sonio aide les professionnels à poser leur diagnostic en toute sérénité.

Faciliter le diagnostic prénatal. C’est la mission qui a été confiée à l’outil Sonio. « C’est un logiciel en SaaS, une web app, qui accompagne le praticien dans la conduite des échographies de suivi de grossesse. Sonio aide à avoir toutes les informations en temps réel au lit de la patiente », explique la co-fondatrice de Sonio, Cécile Brosset, qui ajoute que cette intelligence artificielle est née d’un projet de recherche de l’École Polytechnique et de l’Hôpital Necker-Enfants Malades.

En tout, un large panel de pathologies peut être diagnostiqué in utero. Une abondance qui s’accompagne de nombreuses difficultés dans le diagnostic prénatal. « Il faut savoir aller chercher la bonne image, savoir l’interpréter. Est-ce qu’il y a des facteurs de risque ? Des antécédents ? », égrène Cécile Brosset. Mais également d’une pénurie de spécialistes. « Il faut démocratiser l’expertise. Il y a de moins en moins de praticiens. On est en train de redonner la main aux médecins généralistes, aux urgentistes, aux sages-femmes », poursuit-elle. Une complexité qui se traduit par une abondance de faux positifs et de faux négatifs. « D’avis d’expert, 70 % des femmes qui arrivent en Centres Pluridisciplinaires de Diagnostic Prénatal n’ont pas de souci. À l’inverse, il y a 50 % des malformations qui ne sont pas détectées à la naissance », explique Cécile Brosset.

Une faille que Sonio entend combler en accompagnant le praticien tout au long de son diagnostic. « L’algorithme sous-jacent analyse les données relatives à l’historique médical de la patiente, les facteurs de risque et les signes observés lors de l’échographie. Il guide le praticien pour aller rechercher les signes échographiques les plus probablement associés à un facteur de risque ou une première anomalie observée à l’échographie. Sonio propose ensuite une liste de diagnostics probabilisés en s’appuyant sur une base de données experte agrégeant près de 300 syndromes prénataux et plus de 700 signes échographiques », explicite l’entreprise dans un communiqué de presse.

 

 

« C’est comme un point de contrôle. », image Cécile Brosset qui précise que Sonio Diagnostic participe également à la formation en continu des praticiens. « La médecine foetale demande une formation constante. De nouveaux papiers sortent quasiment tous les jours. Sonio aide à rester à la pointe du savoir », indique-t-elle. Un pense-bête, dépositaire d’un « un taux de performance diagnostique de plus de 97 % lorsque le phénotype complet », qui permet également de rassurer les praticiens au moment de leur diagnostic. « C’est comme un deuxième avis. Il y a un expert dans leur salle d’écho qui les rassure sur les aspects cliniques et techniques », explique la CEO qui y voit une opportunité de dégager du temps pour accorder plus de place à la relation médecin-patient.

En mai dernier, cet outil a réussi à décrocher le marquage CE en tant que dispositif médical de Classe 1. Un graal qui lui ouvre la voie de la commercialisation. « Les premiers qui vont s’en emparer sont les CPDPN. On est d’ailleurs déjà en place sur cinq de ces centres », indique Cécile Brosset. « On équipe aussi les cabinets privés », ajoute-t-elle. Une étape franchie qui leur permet désormais de repousser la ligne d’arrivée outre-atlantique. « Nous aimerions adapter notre outil pour l’Amérique », explique-t-elle.

Portrait de Julia Neuville

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