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« Vous est-il arrivé de penser parfois à certaines des victimes ? », demande à l'accusé la présidente de la cour criminelle du Morbihan lors de son dernier interrogatoire. Il répond conserver notamment le souvenir des deux jeunes hommes dont les photos ont été projetées à l'audience. « (Ils) sont morts : j'en suis responsable », lâche-t-il, la voix tremblante.
Il s'agit de Mathis Vinet, mort d'une overdose en 2021 et dont les proches estiment qu'il s'est suicidé, et d'un autre homme, retrouvé pendu à son domicile en 2020. Du premier, il a retenu l'identité complète, du second, il n'a en tête que le patronyme. Il a agressé sexuellement les deux garçons à l'hôpital de Quimperlé (Finistère) alors qu'ils n'avaient que 10 et 12 ans respectivement.
« J'ai encore l'image de ce père de famille avec sa petite fille sur les genoux, et qui n'est plus là à cause de moi », lâche Joël Le Scouarnec, semblant réprimer un sanglot devant un tribunal comble.
Il reconnaît l'ensemble des faits, mais n'assure n'en avoir aucun souvenir précis
Depuis le début du procès le 24 février, l'accusé a pourtant souvent montré à la cour un visage impassible et fait des déclarations succinctes et répétitives, d'un débit posé.
Le 20 mars, il a reconnu en bloc l'ensemble des faits pour lesquels il est jugé à Vannes, et même d'autres, prescrits ou qui font l'objet d'une nouvelle procédure, comme des violences sexuelles sur sa petite-fille, révélées en pleine audience.
« Il est archicoupable » et ne cherche pas à fuir ses responsabilités, a insisté l'un de ses avocats, Me Maxime Tessier.
Mais l'ex-chirurgien pédocriminel, qui purge déjà une peine de 15 ans de réclusion pour des viols sur mineurs après une condamnation à Saintes (Charente-Maritime) en 2020, assure n'avoir aucun souvenir précis des faits ou des victimes.
Il assure toutefois mardi avoir « pris la mesure » de ses actes et « de la souffrance des victimes ».
« Pour moi, la prison a été une libération », dit-il, car elle l'a empêché, selon lui, de continuer ses violences pédocriminelles. « Je sais ce que je suis au fond de moi, je suis intimement persuadé que jamais je ne pourrais porter la main sur un enfant », insiste-t-il.
Joël Le Scouarnec encourt à Vannes 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu le 28 mai.
Avec AFP
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