Sabrina Ben Ali : l'interne est une candidate insoumise

Elections législatives

La France a découvert Sabrina Ben Ali un jour de janvier 2017. Cette interne en médecine générale parisienne avait alors poussé sur YouTube un mémorable coup de gueule contre Marisol Touraine. La jeune femme se présente aujourd’hui comme suppléante aux législatives sous l’étiquette « France insoumise ». Portrait.

Avant, Sabrina Ben Ali avait une vie à peu près rangée : d’un côté son internat de médecine générale à Paris, et de l’autre son militantisme. Mais ça, c’était avant. Avant quoi ? Avant la vidéo, bien sûr. « Bonsoir Mme Touraine, c’est encore moi, c’est l’interne », commençait-elle avant d’attaquer violemment le manque de moyens à l’hôpital. La polémique qui a suivi n'a pas suffi à arrêter la jeune femme : la voilà qui grimpe sur la scène politique nationale en tant que suppléante de Paul Vannier, le candidat de la France insoumise aux législatives dans la 18e circonscription de Paris.

« Cela fait longtemps que je milite, j’ai toujours été révoltée par toutes les formes d’injustice », raconte l’interne. D’abord engagée aux Enfants de Don Quichotte contre le mal-logement, elle se tourne ensuite vers la politique. « J’ai compris, c'est là que les décisions sont prises », explique-t-elle. Elle s'engage donc au Parti de gauche, où elle participe à la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2012. Cette année, elle a pris du galon et contribué à élaborer le programme santé du candidat.

« Je ne vais quand même pas dire que je suis fatiguée ! »

Mais la vie de cette discrète militante s'est transformée avec sa notoriété soudainement acquise sur le web. « A l'hôpital, je suis un peu devenue la confidente de tout le monde. A la moindre pause cigarette, il y a toujours une sage-femme, une aide-soignante ou un interne qui vient me raconter sa dernière mésaventure », poursuit-elle. 

Le refrain change rarement : plannings surchargés, manque d’effectifs et de moyens… La politique commence d'ailleurs à prendre un peu trop de temps dans l’agenda de cette jeune maman. « Mais je suis dedans et j’ai, avec beaucoup d’humilité, l’opportunité de porter la voix de ces gens », se réjouit-elle. « Je ne vais pas leur dire que je suis un peu fatiguée ! »

Et l'avenir ? Sabrina le voit dans la continuité. Côté santé, elle n’entend pas quitter l’hôpital, (« j’en suis tombée amoureuse quand j’y suis entrée », confie-t-elle), de préférence aux urgences. Côté politique, elle ne se voit pas sans engagement. « Bien sûr, j’aimerais que tout aille mieux, que je n’aie plus à faire de vidéos et que je puisse aller au ciné », s’amuse-t-elle. « Mais c’est compliqué d’être heureux dans un océan de malheur. Tant que le rapport de forces ne sera pas inversé entre soignants et soignés d’un côté et décisionnaires de l’autre, je continuerai à contribuer à ce combat. »

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Retrouvez les autres portraits de la série de What’s up Doc sur les médecins en politique.

- Pour lire le premier épisode sur Bernard Jomier, généraliste et adjoint écolo à la maire de Paris, c’est par ici.
- Pour lire deuxième sur Jacqueline Fraysse, cardiologue et députée Front de gauche, c’est
par là.
- Pour lire troisième sur Bernard Accoyer, cardiologue et député Les Républicains, c’est
par là.
- Le quatrième sur Michèle Delaunay, dermato et députée socialiste,
se trouve ici.
- Le sixième, sur Pierre Delacroix, anesthésiste engagé auprès de Marine Le Pen, est en ligne
par là

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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