Quand le TPG fait gagner du temps médical

Et du temps tout court

REPORTAGE - Le Dr Ganser, médecin généraliste dans la petite ville de Bourré, en Touraine, est passé au tiers payant généralisé. Une réussite, selon lui : il aurait gagné au moins 30 % de temps médical, et donc autant d’argent en plus.

Agnès Buzyn, au cours des discussions sur le tiers payant qui se sont tenues au ministère de la Santé le 28 mars dernier, avait attiré sur elle les moqueries des responsables syndicaux présents. « Le tiers payant va redonner du temps médical aux médecins », avait-elle alors déclaré, prenant ainsi le contrepied de l’argument principal de ses opposants : le TPG induit une lourdeur administrative insoutenable.

Mais la remarque tombe-t-elle vraiment à côté de la plaque ? Pas si sûr, à en croire le Dr Ganser, médecin généraliste installé en secteur 1 en pleine Touraine, dans la petite ville de Bourré, qui compte 700 âmes. À la suite de l’intervention de la ministre et des réactions qu’elle a suscitées, il a contacté What’s up Doc pour expliquer comment le TPG avait sauvé sa pratique.

Une pause salvatrice

« Il y a encore un an, je commençais mes consultations à 8 h le matin, et le dernier patient quittait mon cabinet aux alentours de 22 h », se rappelle-t-il. « Ensuite, je devais encore faire mes comptes, gérer la correspondance avec les confrères. Même le midi, je ne profitais pas de ma pause car je devais aller déposer les chèques et le liquide de mes patients à la banque. Je ne m’en sortais plus ».

Excédé et épuisé, en plein burn-out, il s’est dit qu’il n’avait rien à perdre : il a tenté le TPG. Au moins, cela le libèrerait des chèques et du liquide, et lui permettrait de passer des déjeuners plus tranquilles. Un an plus tard, il ne regrette rien. « Alors que je voyais entre 50 et 60 patients par jour, je peux maintenant en voir jusqu’à 100 dans les bons jours », souligne-t-il. « Et encore, je prends mon temps le matin. Mais grâce à un vrai repas vers 13 h, je suis d’attaque l’après-midi ».

L’administratif, une question de choix

Tous les midis, il se fait un petit plaisir en testant une bonne table de la région, et accompagne son repas d’un bon Bourgueil ou d’un Chinon, avant de regagner Bourré et ses patients. Un jour sur deux, il se permet même d’interrompre ses consultations à 16h30. « Je me réserve 30 petites minutes d’administratif avant de rentrer chez moi. Les médecins ne doivent pas s’inquiéter de ce côté-là, c’est bien moins contraignant que ce que les opposants au TPG voudraient nous faire croire ».

Le Dr Ganser nous explique ainsi que les démarches de conventionnement lui ont pris une trentaine de minutes pour les quelques 650 organismes payeurs. « Il m’a suffi d’envoyer un mail avec toutes les complémentaires en copie », explique-t-il. « Ensuite, tout roule tout seul ».

Un patient satisfait ne revient pas

« Les patients sont contents : ils ne passent que quatre ou cinq minutes chez leur médecin, tout compris, et n’ont plus d’argent à débourser. Pour ceux qui voudraient nous faire croire qu’ils viennent plus souvent parce que c’est gratuit, c’est tout faux ! Depuis que je suis au TPG et que j’ai changé ma vision de la médecine, je les vois de moins en moins, ce qui prouve qu’ils sont bien soignés et raisonnables, à mon avis », analyse-t-il. Une solution pour les déserts médicaux.

Seul point négatif : les rentrées d’argent sont plus aléatoires. « C’est vrai que je n’ai pas reçu de versement des complémentaires depuis un an. Vous savez comment c’est, avec les administrations : c’est toujours un peu lent, mais ça va venir ! »

Et quand WUD demande au Dr Ganser s’il serait prêt à conseiller le TPG à ses confrères : « J’ai mangé une fricassée de Géline de Touraine aux pleurotes, c’était excellent ».

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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