Première année : le rapport est sorti !

Très attendue par les carabins, la réforme de la Paces est en route. Première étape avant les décisions gouvernementales et législatives : le rendu du rapport du Pr Jean-Paul Saint-André, qui en dessine les grandes lignes.

L’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) avait mis un petit coup de pression dans l’Obs à quelques jours du rendu du rapport sur la réforme de la Paces, et après que la conférence des doyens d’université avait dévoilé certaines grandes lignes du projet. Il semblerait qu’ils aient été écoutés sur quelques points. Ou que les doyens se soient un peu enflammés.
 
12 octobre-18 décembre. Il n’aura fallu qu’un peu plus de deux mois à Jean-Paul Saint-André et son équipe pour présenter officiellement son rapport ce mardi, et le projet semble plus satisfaisant. Portail Santé, mineures, admissions parallèles… What’s up Doc le résume pour vous.
 
Deux voies d’accès
 
L’année de Paces avec son concours et le numerus clausus seront supprimés. À la place, le Pr Saint-André propose une filière accessible via Parcoursup. L’idée est de permettre une porosité entre les études de médecine, et le reste des filières universitaires. La rumeur selon laquelle l’entrée en études de santé serait conditionnée à trois années de SVT au lycée a été dénoncée par le rédacteur principal du rapport.
 
Ensuite, deux possibilités. Un étudiant inscrit dans le fameux « Portail santé », une première année ouverte à tous, devra ainsi choisir une mineure – ou équivalent – qui lui permettra de se réorienter en cas d’échec en médecine, et cela sans perdre d’année. Inversement, et c’était une volonté forte des syndicats étudiants et des ministères, le rapport préconise des passerelles d’entrées facilitées, qui devraient à terme permettre de recruter 40 % des étudiants en médecine, voire plus.
 
La deuxième possibilité est donc la suivante. Au terme d’une année de licence, ou deux, même parfois trois, des étudiants de toutes les filières pourront tenter d’intégrer les études de santé (médecine, pharma, maïeutique, odontologie). Toutes les filières ? Non ! L’idée est de diversifier les profils des futurs professionnels de santé, mais le choix des licences sera sans doute laissé en grande partie à la discrétion des universités.


 
Contrôle continu, écrit, oral
 
Dans le détail, une admission dans une filière médicale serait conditionnée à la validation d’une première année de licence, avec 60 ECTS, et potentiellement des « critères d’admissibilité supplémentaires, par exemple avoir validé l’année de licence en première session, avoir plus de 12 de moyenne et/ou un examen du dossier selon certains critères préétablis et connus des étudiants », précise le rapport.
 
Ensuite, une admission serait organisée, avec des épreuves écrites et/ou orales. La sélection reste importante, car les places seront toujours limitées malgré la fin du numerus clausus, mais le mode de sélection varie un peu. A priori, finis les QCM de bourrins. Les étudiants admis poursuivront ensuite leurs études en DFG2, ou DFG3 (après une L3 ou un master).
 
« Les propositions contenues dans ce rapport feront l’objet d’un examen approfondi par les ministres », précisent les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur dans un communiqué. La concertation se poursuivra en janvier 2019, avant présentation des mesures législatives nécessaires à la suppression du numerus clausus et de la Paces au cours du premier semestre.
 
Portrait de Jonathan Herchkovitch

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