« Pour lui, le sextoy est devenu un outil médical » : Le portrait dressé par l'expert du Dr Philippe Moulin, accusé de viols sur des jeunes patients

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Jugé pour des viols et agressions sexuelles sur 13 jeunes patients, le médecin qui se prétendait spécialiste de la sexualité des adolescents a été décrit par un expert psychiatre comme une personnalité « complexe » qui n’exprime pas ses sentiments, et qui se trouve dans « un déni profond ».

 « Pour lui, le sextoy est devenu un outil médical » : Le portrait dressé par l'expert du Dr Philippe Moulin, accusé de viols sur des jeunes patients

© Midjourney x What's up Doc

 

Le timbre de voix perché dans les aigus, Philippe Moulin a parlé lundi après-midi à la cour, à Montpellier, de façon monacale, une main parfois tournée vers le ciel.

Il s’est décrit comme « une personne jusqu'au-boutiste », qui « se jette à corps perdu » chaque fois qu’une thématique l’intéresse.

Fils unique, né d’un père professeur et d’une mère comptable « hyper-protectrice, angoissée voire dépressive », Philippe Moulin dit avoir eu une enfance heureuse à Vierzon, tout de même marquée par une opération bénigne des testicules vers 12 ans mais surtout, par un viol commis par son oncle à l’âge de cinq ans. Des faits qu’il n’a pourtant pas racontés lors des différentes expertises menées lors de l’instruction.

« J’avais décidé de sceller cela. Je n’avais pas du tout envie de remuer ces choses-là », a-t-il justifié, racontant ensuite « avoir pardonné » grâce à la foi qu’il a découverte en prison.

« En détention, je prends la mesure de tout ce qu’il s’est passé, j’essaie de mettre le curseur pour comprendre à quel moment j’étais trop envahi par mon métier », sans évoquer davantage face à la cour.

L'ex-compagnon à la barre

Un expert psychiatre, le Dr Jean-Claude Penochet, a expliqué à la barre une « absence d’empathie pour les victimes et leur souffrance » de la part de Philippe Moulin, qui a « une incapacité à percevoir la détresse qu’il a causée ». L'expert n’identifie « aucune altération du discernement », mais relève chez l’accusé un « déni profond » et une « construction mentale complexe ».

« Son domicile est devenu cabinet, un sextoy est devenu un outil médical, il s'est construit une bulle de légitimité imperméable au contexte réel », a-t-il détaillé, relevant chez l’accusé un « mécanisme pervers, pédophile ».

À la barre, l’ex-compagnon de l’accusé, qui a partagé sa vie durant neuf ans, a raconté l’avoir rencontré lorsqu’il était lui-même âgé de 15 ans, soit 21 ans de moins que Philippe Moulin qu’il appelle « Docteur Moulin » durant toute cette audition, car, a-t-il précisé à la cour, « si ce que j’ai lu dans la presse à son sujet est vrai, alors il a perdu toute personnalité ».

Aujourd’hui âgé de 33 ans, l’ex-compagnon décrit l’accusé comme « une personne brillante », qui « s’attache à toujours être parfait », et avec qui il partageait une passion pour les animaux sauvages.

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« Nous avions un amour sincère mais pas passionnel », a-t-il détaillé. « Au début, on allait au sauna, on pratiquait des massages puis de la masturbation » a-t-il ajouté, « un procédé identique pratiqué par l’accusé avec l’une des victimes », a relevé l’avocate de ladite victime.

Avec AFP

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