Pierre Mestoudjian

Généraliste, Urgences médicales de Paris

WUD Quel est ton premier souvenir d’interne ?

PM Mon premier stage, aux urgences de Levallois-Perret : le stress, la panique, les premières prescriptions…

Mais content aussi de prendre des responsabilités et de voir mes premiers patients en tant que petit docteur !

 

WUD Ton premier souvenir de garde ?

PM Allô, chef ? J’ai besoin de vous !

 

WUD Qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?

PM Les urgences de l’hôpital Tenon dans le 20e arrondissement de Paris. Quand je suis arrivé pour la première garde, il y avait tellement de monde que j’ai demandé s’il y avait eu une bombe dans le métro. Ils m’ont répondu « Non, c’est une soirée plutôt calme… ». Là je me suis dit qu’on allait bosser comme des fous !

 

WUD Ton meilleur souvenir en tant qu’interne ?

PM Mes gardes aux urgences de Saint-Cloud.

Quand les urgences étaient calmes, on se retrouvait avec le chef et l’autre interne de garde pour jouer au poker et manger des pizzas, c’était sympa.

 

WUD Ton pire souvenir ?

PM La fatigue des gardes qui s’enchaînent. Parfois il y avait 3 gardes par semaine, le service à gérer à l’hôpital, et pas de repos de sécurité…

C’est souvent plus de 80 heures par semaine dans ces cas-là ! On n’est pas loin de se sentir esclave de l’hôpital.

 

WUD Qu’est-ce que tu as préféré pendant ton internat ?

PM Le stage chez le prat’ qui m’a permis de découvrir le métier de médecin généraliste après des années de stages hospitaliers.

Le contact avec les patients y est différent. On ne s'en rend compte qu’en le vivant.

 

WUD Une anecdote qui t’a interpelé ?

PM J’ai un nom d’origine arménienne. Un jour, une patiente a refusé que je la soigne parce qu’elle a vu mon nom. Elle a demandé à ce qu’un autre médecin vienne la soigner. Il s’est avéré que le deuxième médecin de garde avait aussi un nom d’origine étrangère. Et… pareil pour le troisième ! Ça s’est très mal passé.

On a été surpris de sa réaction. Franchement, on ne pensait pas que ça pouvait arriver.

 

WUD Quels ont été tes moyens de détente ?

PM Déjà la sieste, quand on avait le temps ! Les sorties avec les copains, les copines, un peu de sport, le cinéma et surtout les amis, pour sortir un peu du milieu médical.

J’ai des amis médecins qui me sont très chers, mais c’est indispensable de s’évader du cercle médical de temps en temps.

 

WUD Un message pour les jeunes internes ?

PM Gardez espoir, c’est bientôt la fin ! Pour ce qui est de la qualité de vie et du boulot qui viennent après, c’est complètement autre chose. La vraie vie, c’est pas l’internat. On a le temps de vivre, de bien gagner sa vie, de profiter de sa famille et de ses copains. Souvent, les gens ont l’image du médecin généraliste qui bosse comme un dingue. Mais on peut clairement choisir son rythme de travail, et si on veut travailler moins pour avoir du temps à soi, c’est tout à fait possible.

Portrait de La rédaction
article du WUD 9

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