Pertinences des soins : les 12 travaux du Dr Hercule

Sur ordre du sénateur Eurysthée Vanlerenberghe

L'actuel rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat a reconnu que de nombreuses actions avaient été engagées pour améliorer la pertinence des soins, mais « de manière disparate et insuffisamment coordonnée au niveau des divers échelons ». Jean-Marie Vanlerenberghe propose donc des marges de progression pour éviter des coûts inutiles, « sans porter préjudice à la qualité des soins dispensés », promet-il.

Le rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI-UC, Pas-de-Calais), dresse une série de propositions destinées à faire progresser la pertinence des soins dans le système de santé français, a rapporté jeudi l’Agence Presse Médicale (APM).

Rédigé au nom de la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) du Sénat, son rapport enregistré à la Présidence de la chambre haute le 20 juillet est un projet très ambitieux. La soixantaine de pages qui le compose s'appuie sur une série d'auditions d'acteurs du monde de la santé et de précédents rapports. Le but de ces sénateurs : proposer un bilan actualisé de cette démarche et des « évolutions structurelles » nécessaire pour en amplifier les résultats. What’s up Doc résume les douze travaux d’Hercule qui vous attendent si ces solutions sont retenues par le Gouvernement d'Edouard Philippe.

Décloisonner les acteurs

-Bilan de la transmission de la lettre de liaison ville-hôpital rendue obligatoire par la loi de santé du 26 janvier 2016, associant les praticiens de terrain. 

-Association des praticiens de terrain au bilan de la phase de test du DMP. 

-Favoriser le déploiement des messageries sécurisées de santé en imposant l’interopérabilité entre les logiciels. 

Les professionnels au coeur de la démarche

-Démultiplication des relais de diffusion des recommandations de bonne pratique en s'appuyant sur le rôle des pairs et des sociétés savantes. 

-Envisager l’élaboration de référentiels de pratique dans le cadre conventionnel entre la CNAM et les professionnels, en laissant les cas complexes à la HAS. 

-Organiser un rendez-vous annuel ou biennal entre les professionnels et l'Assurance maladie sur cette thématique. 

-Impliquer les doyens des facultés pour sensibiliser les internes et renforcer la dimension médico-économique dans les parcours de formation initiale et continue. 

-Favoriser le déploiement d’outils numériques d’aide à la décision médicale. 

Ce qui attend vos patients…

-Lancement de campagnes de sensibilisation des patients sur l’ampleur des actes à faible valeur ajoutée et les risques associés à un recours inapproprié aux soins, autour de messages élaborés par les professionnels et les sociétés savantes.

…et votre portefeuille

-Promotion des modes de rémunération forfaitaire à l’épisode de soins, par le biais d’appels à projet auprès des établissements et professionnels de santé volontaires, pour des pathologies faisant l’objet de protocoles encadrés. 

-Développement d'outils mesurant la qualité des soins à partir d’indicateurs de résultat. 

-Association accrue des professionnels et établissements de santé à la régulation par la qualité et la pertinence, en évoluant vers une plus forte valorisation d’autres éléments de rémunération que la tarification à l’acte ou à l’activité. 

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Le Scud aux prédécesseurs d'Agnès Buzyn

Les ex-ministres de la Santé auront les oreilles qui sifflent s'ils se penchent sur cet imposant rapport. Dedans, le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe dénonce en effet un pilotage « insuffisamment coordonné » de dispositifs dont les « résultats plafonnent », comme la maîtrise médicalisée, l'organisation « cloisonnée » du système de santé, et des modes de financement « insuffisamment incitatifs ».

De plus, celui qui a donné son parrainage à Emmanuel Macron pendant la campagne critique la part de gaspillage générée par les soins cliniques (évènements indésirables, soins inefficaces et inappropriés, examens diagnostiques redondants), le volet opérationnel (choix du soins consommant moins de ressources) et la gouvernance (procédures inutiles, fraude, abus et corruption). A bon entendeur (ce sénateur vous dit) salut (Madame Touraine)... 

Source: 

Bruno Martrette-Gomez avec APM

Portrait de La rédaction

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