Négos conventionnelles : les jeunes sont dans la place

Ils observent officiellement

Le décret officialisant la présence des représentants des étudiants en médecine et des jeunes praticiens est paru au Journal Officiel. Ils seront conviés en tant qu'observateurs. Il aura fallu plus d’un an après l'annonce faite par Marisol Touraine.

Le rapport de Terra Nova paru début janvier aurait-il un peu secoué tout le monde ? Le think tank y dénonçait l’absence de représentation des jeunes et futurs médecins dans les décisions politiques sur l’exercice de la médecine.

Leur participation est aujourd’hui assurée par un décret publié au Journal Officiel le 17 février. L’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine, l’avais promis en janvier dernier. Il était prêt depuis mai, mais ne semblait pas faire partie des priorités. Tout le monde s’est donc réveillé, et les jeunes pourront désormais siéger à la table de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) pour les négociations conventionnelles concernant la médecine libérale. En tant qu’observateurs, seulement. Ne nous emballons pas !

C'est parti les petits

« C’est une reconnaissance supplémentaire de [notre] rôle dans notre système de santé », se sont réjouits les représentants des différentes organisations (1), dans un communiqué commun diffusé ce mardi. « A travers la détermination de la tarification des actes, ces négociations décident de l’orientation du système de santé. La présence autour de la table de ceux qui représentent l’avenir de la profession était donc incontournable ».

Dans le détail, le décret précise qui sera convié. Il s'agit des « organisations syndicales d'étudiants de premier et deuxième cycle des études médicales, d'étudiants de troisième cycle des études médicales, de chefs de clinique des universités-assistants des hôpitaux, de médecins assistants hospitaliers universitaires, de médecins assistants des hôpitaux et de médecins remplaçants reconnues représentatives au niveau national sont associées en qualité d'observateur aux négociations conduites en vue de conclure, compléter ou modifier la convention ».

Les organisations autorisées doivent justifier de leur « indépendance, notamment financière », de leurs effectifs d’adhérents, de deux ans d’ancienneté (sauf regroupement éventuel), et de leur activité représentative.

Les anciens se redécouvrent une jeunesse

« Ça permettra d'éviter les discussions sans fin pour savoir si les jeunes sont conviés ou non... », a déclaré au Quotidien du Médecin Yannick Schmitt, président de ReAGJIR. Ils le sont actuellement pour les négociations sur la télémédecine et la compensation de la hausse de la CSG, mais ne l’avaient pas été en 2016, à leurs grands regrets. Ils avaient dénoncé la mise en place d’une convention défendant un modèle d’exercice obsolète.

Les syndicats généralistes auraient-ils gagné en maturité ? Lors de la parution du rapport de Terra Nova, ils avaient rapidement réagi en soutenant leur implication dans les négociations conventionnelles, dévoilant alors soudainement leur jeunisme de toujours.

Difficile de reprocher quoi que ce soit à MG France de ce côté. Le syndicat avait associé des étudiants et des internes dans sa délégation lors des négos de 2011, ce qui avait fortement déplu à la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et au Syndicat des médecins libéraux (SML). La CSMF avait d'ailleurs récidivé en 2016 en déclarant qu'il n'était « pas raisonnable d’ouvrir la porte à tous ceux qui réclament un siège ».

Le siège, les jeunes l'ont désormais. Leur statut d'observateurs ne leur permettra pas de signer la convention, mais au moins d'intervenir dans les discussions et de faire entendre leur voix. La liste des organisations de jeunes invitées aux réunions avec l’Uncam sera fixée par le ministère « le 30 septembre 2018 au plus tard », précise le décret.

(1) L'Intersyndicale nationale des internes (Isni), l'Intersyndicat national des chefs de clinique assistants (ISNCCA), l'Intersyndicale nationale représentative des internes en médecine générale (Isnar-IMG), le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG), le Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir) et l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf).

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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