« On n’attire plus les internes » : Il y a urgence à aider la psychiatrie publique, elle n’en peut plus

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Environ 70 % des psychiatres du secteur public ont déclaré au moins une heure de grève hier, selon les syndicats, qui dénoncent un secteur à bout de souffle : 30 % des postes hospitaliers non pourvus, 10 000 lits manquants et jusqu’à deux ans d’attente pour un rendez-vous en pédopsychiatrie.

« On n’attire plus les internes » : Il y a urgence à aider la psychiatrie publique, elle n’en peut plus

© ChatGPT x What's up Doc

 

« Environ 70 % des psychiatres » du secteur public ont déclaré au moins une heure de grève, a assuré à l'AFP le Dr Norbert Skurnik, président de l'Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), qui organisait le mouvement avec le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l'Union syndicale de la psychiatrie (USP).

30 % des postes de psychiatres non pourvus

À l'hôpital, « 30 % des postes de psychiatres et 15 % des postes d'internes ne sont pas pourvus » car la profession n'est plus attractive, et il manque « 10 000 lits d'hospitalisation », soulignent les syndicats organisateurs. « Des centaines de patients » à orientation psychiatrique, arrivés en détresse aux urgences, sont contraints d'y rester « plusieurs jours » dans l'attente d'une place en service spécialisé, déplorent-ils.

La psychiatrie souffre de « la plus faible progression » budgétaire « toutes disciplines » médicales confondues, intensifiant le manque de « moyens » et les faibles rémunérations, critiquent-ils.

Ils déplorent encore la « vétusté criante des locaux et équipements », pour accueillir 480 000 patients à l'hôpital et 2 millions en ambulatoire, dans les centres médico-psychologiques (CMP), dont les listes d'attente explosent.

« Si on voit 10 patients dans la journée, on en a 40 autres dans la tête, parce qu'on supervise d'autres professionnels à qui on délègue des tâches : internes, infirmiers, psychologues... Au bout d'un moment, vous n'en pouvez plus, vous n'êtes plus en capacité de penser, c'est même difficile de dormir », témoigne devant le ministère le Dr Thomas Huppert, pédopsychiatre pour adolescents à l’hôpital d’Argenteuil.

« Depuis 2018, il y a eu une multiplication par deux des hospitalisations pour crise suicidaire et tentative de suicide chez les adolescents. On a eu des moyens, mais insuffisants. Quand les conditions de travail sont trop dégradées, on n'attire plus. Même les internes se disent entre eux : "là-bas, tu ne seras pas encadré, tu seras seul face aux patients" », explique-t-il à l'AFP.

Jusqu'à deux ans d'attente en pédopsychiatrie

Dans les CMP de Seine-et-Marne - comme beaucoup d'autres - l'attente pour obtenir un rendez-vous en pédopsychiatrie « varie entre neuf mois et deux ans », témoigne la Dr Stéphanie Lacoste, chef de service territorial de pédopsychiatrie au Grand hôpital de l'est francilien.

« Pour 20 CMP, nous sommes 12 médecins », qui travaillent chacun dans « trois, quatre lieux, éloignés de 25 km », et l'offre libérale est « quasi-inexistante », ajoute-t-elle. « Le soir, les collègues sont sur leurs mails, téléphone, pour faire du lien, travailler avec l'école... »

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En juin, après une réunion interministérielle sur la grande cause santé mentale, les syndicats s'étaient dits « consternés » par les « réponses inconsistantes » du gouvernement.

Ils réclament la « co-construction d'un plan pluriannuel de redressement » du secteur, de meilleurs revenus et une reconnaissance de la pénibilité, et beaucoup plus de lits et places.

Avec AFP

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