Narcisse, Hippocrate, et le Quantified self

Les dangers du Moi quantifié

Hippocrate risque de se retourner dans sa tombe. Des données personnelles, parfois intimes, pleuvent par milliers aux bénéfices du marché des objets connectés. Lui qui pensait que la santé ne devait circuler qu'entre le médecin et son patient... Voilà que des milliers de start-ups et d'entreprises viennent s'immiscer sur un terrain jusque là balisé. La faute aux objets connectés, dont le succès démesuré inquiète la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), qui se préoccupe de la protection des données.

Moi quantifié : données exploitées ?

Véritables témoins cachés de l'intimité des gens, les objets connectés sont aussi utiles qu'ils peuvent être dangereux. Dans son rapport annuel, la CNIL se soucie de la circulation en masse de données personnelles, qui "touchent à l'intimité et pourtant le plus souvent destinées à être partagées". Selon le Huffington Post, la Commission s'inquiète de la centralisation et de la sécurisation de ces données. De même qu'elle craint leur utilisation "normative" par les compagnies d'assurances américaines. Dans cette lignée, la CNIL espére livrer en 2014 ses "premières conclusions sur les modalités de régulation envisagées pour accompagner le développement de ce marché tout en préservant la vie privée des utilisateurs"

Objet connecté : égo démesuré ?

À l'instar de Narcisse qui se noit dans son reflet, l'usager du quantified self risque-t-il de perdre sa dignité, à force d'interroger son objet connecté ? Difficile d'y répondre sans définir clairement la frontière entre bien-être et santé, souligne la CNIL. Mais celle-ci existe-t-elle vraiment ? Plus que le bien-être, c'est la prévention en santé qui compte désormais. Bracelet connecté, pèse-personne, podomètre, applications mobiles...Ces gadgets font l'objet d'un big succès. Selon Le Nouvel Obs, un Français sur quatre en possède. Bercés par l'illusion de maîtriser notre santé, il est une chose qui nous échappe : la portée de cet Echo 2.0.

Source: 

Publié par AP

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