Législatives : Est-ce que le Nouveau Front Populaire veut toucher à la liberté d’installation ?

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Les partis de gauche, réunis sous la bannière du Nouveau Front Populaire, promettent de réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux en cas de victoire aux prochaines élections législatives. Une mesure très polémique et très impopulaire auprès des médecins libéraux.

Législatives : Est-ce que le Nouveau Front Populaire veut toucher à la liberté d’installation ?

© Midjourney x What's up Doc

Un accès aux soins plus équitable. Voilà ce que promettent les quatre partis de gauche réunis sous la bannière du Nouveau Front populaire s’ils raflent la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Mais qu’est-ce que ça sous-entend vraiment ? La nouvelle coalition promet que dans les 100 premiers jours après les élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains, le mouvement travaillera à une « grande loi » visant à reconstruire le système de santé. Il sera notamment question de réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux - sans plus de précisions à date du côté du Nouveau Front populaire -, une mesure maintes fois critiquée par les libéraux et très redoutée.

Cette proposition n’est pas nouvelle : durant la précédente législature, les élus de gauche ont soumis plusieurs projets de loi en ce sens. L’été dernier, Guillaume Garot, député de la 1ère circonscription de la Mayenne, a tenté sans succès de modifier la loi Valletoux pour conditionner l’installation des médecins dans les zones bien dotées à une autorisation de l’Agence régionale de santé (ARS). Soit la fin de la liberté d’installation.

Un moment, on parlait des docteurs juniors dans les zones sous denses

En 2022, plusieurs autres élus socialistes, et d’autres partis également, avaient suggéré d’obliger les docteurs juniors à travailler au moins deux ans dans des zones dépourvues de professionnels de santé. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/la-regulation-est-une-facon-intelligente-dapporter-une-meilleure-repartition-des-medecins

Le gouvernement et la majorité présidentielle ont systématiquement rejeté ces propositions, soulignant que l'accès aux soins est déjà difficile dans de nombreuses régions du pays. Forcer les médecins à s'installer dans des zones sous-dotées reviendrait, selon de nombreux experts, à déplacer le problème sans le résoudre. Environ 87% de l'Hexagone est concerné par la désertification médicale, une situation longtemps aggravée par le numerus clausus qui a pendant des années trop limité le nombre de médecins formés sans appréhender le vieillissement de la population et son lot de maladies chroniques.

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