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Au 1er janvier 2026, 245 847 médecins sont en activité, soit une hausse de 1,9 % en un an et de 14 % depuis 2010, selon l'Atlas de la démographie médicale 2026, publié ce jour par l'Ordre des médecins.
« La baisse du nombre de médecins en activité est désormais derrière nous », affirme le CNOM, pour qui la progression est « au rendez-vous ». À plus long terme, « une hausse de l’ordre de 40 % des médecins à l’horizon 2040 fait désormais consensus », estime-t-il.
Cette progression des effectifs ne se traduit toutefois pas mécaniquement par une amélioration de l’offre de soins. « Le nombre de médecins inscrits au Tableau de l’Ordre ne peut être assimilé à l’offre médicale réellement disponible », rappelle le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président du CNOM, en préambule de l’Atlas.
En cause notamment, la montée des activités intermittentes et du cumul emploi-retraite. En parallèle, la part des médecins exerçant de manière régulière recule au profit de formes d’activité plus fragmentées, ce qui limite la disponibilité effective.
Moins de généralistes, plus de spécialistes
La structure de l’offre continue également d’évoluer. Les spécialistes représentent désormais près de la moitié des médecins (47% contre 41,5% en 2010), tandis que la part des généralistes diminue nettement sur cette période.
En volume, l’effective des généralistes diminue légèrement (-,0,6%), quand celui des spécialistes médicaux et chirurgicaux progresse nettement (+28% et +25,5%).
Ces transformations contribuent aux tensions sur les soins primaires, particulièrement dans certains territoires déjà sous-dotés, où la baisse des généralistes accentue les difficultés d’accès à un médecin traitant.
Plus de femmes et de jeunes
Le mode d’activité évolue lui aussi. « L’activité salariée poursuit sa progression et représente le premier mode d’exercice », avec 47 % des effectifs, selon le Cnom.
La profession se féminise et rajeunit : pour la première fois, les femmes sont désormais majoritaires, atteignant 50,5 % des effectifs. Cette dynamique est particulièrement marquée chez les jeunes générations.
Une bascule que la Drees avait déjà observée en 2025, en raison de différences méthodologiques.
Quant à l’âge moyen, il passe désormais sous la barre des 50 ans (49,9 ans), mais demeure là-aussi très inégalement répartis.
Par ailleurs, les médecins diplômés à l’étranger occupent une place croissante, représentant désormais 14,2 % des inscrits, et contribuant « à l’équilibre démographique de certains territoires et spécialités », rappelle le CNOM.
Inégalités territoriales persistantes
Malgré ces évolutions, « l’accès aux soins demeure une difficulté pleinement d’actualité », insiste l’Ordre, pointant une « majoration persistante des inégalités territoriales ».
Les zones les moins dotées restent concentrées dans le centre et le nord du pays, tandis que les grandes métropoles et certaines régions du sud conservent une attractivité plus forte.
Dans plusieurs départements, la situation se dégrade : la population augmente alors que le nombre de médecins généralistes diminue, accentuant les tensions.
Pour le CNOM, ces constats imposent une réflexion de fond. « S’appuyer sur une méthode rigoureuse pour évaluer les capacités de formation comme les besoins à venir est une exigence collective », souligne-t-il.
D’autant que les données de l’Atlas doivent nourrir le futur Livre blanc de l’Ordre, attendu à l’automne, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2027. Objectif affiché : « garantir un accès équitable et pérenne aux soins, socle de notre pacte social républicain ».
Malgré la hausse des effectifs, l’Ordre se dit « très vigilant quant à la progression des inégalités d’accès aux soins », appelant à « des réponses structurelles ambitieuses ».
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