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Le rassemblement est prévu à 10 heures devant l’UFR de médecine de Saint-Pierre, avant une procession jusqu’au CHU Sud. La marche se conclura par un temps de témoignages et de recueillement afin d’honorer la mémoire du jeune médecin et de permettre aux participants d’exprimer leur vécu, détaillent plusieurs médias locaux.
Selon ses parents, l’initiative vise à rappeler qui était Alexandre, mais aussi à « ouvrir un espace de réflexion » sur les souffrances vécues par les étudiants en médecine et les soignants au sein du système hospitalier. Ils appellent citoyens, étudiants et professionnels de santé à se joindre à la marche.
Une lettre dénonçant un « système malade »
Dans un message transmis à l’agence Imaz Press par sa famille, Alexandre Galaor demande que la cause de sa mort par suicide soit révélée et les raisons de ce geste expliquées car « j’en ai assez de couvrir ce système malade ».
Dans une longue lettre, l’interne en psychiatrie raconte son parcours et la vocation qui l’a conduit vers la médecine, écrivant : « mon choix de carrière aura toujours été le même : médecin depuis aussi loin que je m’en souvienne ».
Le jeune homme évoque ses projets et réalisations en deuxième et troisième années de médecine, « probablement (...) les deux meilleures de [s]a vie ». Mais il décrit aussi la découverte progressive de « l’enfer du système de santé » avec des conditions de travail éprouvantes.
Il parle notamment de la pression hospitalière et du manque de personnel, décrivant des services où les externes seraient amenés à effectuer de nombreuses tâches annexes et dévalorisantes. « Ce statut de main-d’œuvre pas cher (...) permet à la direction de ne pas embaucher », dénonce-t-il.
Le jeune médecin explique avoir traversé une période de dépression pendant ses études, qu’il a tentée de masquer par son excellence en stage, « parce que le paraître reste tout pour moi, je dois paraître impeccable ». Il aurait également été victime de racisme, selon sa mère.
Un problème structurel
Alexandre estime enfin, à l’instar de nombreux syndicats, que la souffrance des étudiants reste au mieux minimisée, au pire invisibilisée. : « Si on se plaint, on est faible, pas fait pour ça, c’est un métier passion après tout », écrit-il.
Pour rappel, plusieurs enquêtes sur la santé mentale des étudiants en médecine pointent qu’entre surcharge de travail, pression hiérarchique et contrainte budgétaire, 21 % ont présenté des idées suicidaires dans l’année et que 70 % ont envisagé d’arrêter leurs études au moins une fois par mois.
Pour le syndicat des internes de l’Océan Indien, qui avait annoncé le décès d’Alexandre, la situation est d’autant plus préoccupante dans les territoires ultramarins, confrontés à des inégalités sociales, économiques et territoriales dans les études médicales.
Source:
Imaz Press / L'info.re
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