Interview : M. Claude Evin

Claude Evin, directeur de l’agence régionale de santé d’Ile de France

What’s Up Doc ? Votre parcours politique s’est particulièrement développé dans le domaine de la santé et vous avez été nommé directeur de l’agence régionale de santé d’Ile de France en 2009, lors de la naissance des ARS (loi Hôpital Patients Santé Territoire).

Avec le recul dû à votre expérience, comment, selon vous, ont évolué les relations médecins-patients ?
« La reconnaissance des droits et de la démocratie sanitaire, au travers de la loi 4 mars 2002, a marqué une évolution culturelle en érigeant le citoyen comme acteur à part entière de sa santé. La place des usagers dans le système de santé est aujourd’hui profondément modifiée par l’accès à l’information et l’émergence d’attentes sociales de plus en plus fortes en matière de qualité et de sécurité.

Vous parlez de relations entre les médecins et les patients. À l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, nous nous attachons à améliorer le « parcours de santé » des usagers, lequel ne se résume pas au moment du soin ou à l’interaction avec des médecins, mais inclut l’ensemble des composantes qui, de la prévention à la prise en charge médico-sociale, façonnent notre rapport à la santé.

Ce parcours de santé a profondément évolué.

La complexification des prises en charge face aux maladies chroniques, la spécialisation croissante des professionnels, ou encore l’accès progressif de chacun à l’information, sont autant de tendances lourdes qui font que les usagers du système de santé voient leur vécu se transformer. C’est pourquoi nous faisons, à l’ARS Ile-de-France, de l’amélioration de ces parcours une priorité, pour améliorer leur cohérence, leur lisibilité, leur sécurisation.

Est-ce que les nouvelles technologies émergeant dans le milieu de la santé vont modifier encore ces relations ?
« Il faut renforcer la coordination entre les différents intervenants d’un parcours. Les nouvelles technologies sont un levier déterminant. Pour réduire la fracture territoriale, fluidifier les prises en charge, faciliter la pluridisciplinarité. Pour soutenir la qualité des pratiques professionnelles. Ou encore pour informer les patients et soutenir leur autonomie.
La télésanté est donc un puissant vecteur pour enrichir les parcours de santé des usagers en termes de fluidité, de lisibilité et de sécurité.

Ces questionnements sont-ils présents dans l’élaboration d’une politique de santé sur un territoire ? À quel niveau ?
« L’objectif de l’ARS est clair : décloisonner la gestion de l’offre de santé et favoriser les synergies entre tous les acteurs de la santé en région. Les attentes des usagers sont bien entendu au cœur de la formulation de notre politique de santé pour la région. Nous voulons renforcer la transparence de l’information en santé proposée aux Franciliens, en nous appuyant sur les nouvelles technologies, et favoriser à notre échelle une mobilisation citoyenne qui doit ouvrir de nouvelles perspectives aux politiques de santé et qui est d’autant plus nécessaire que la volonté est de ne pas rester dans une vision curative de la santé.

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