Guyane : des postes d’assistants au Far West

L’ARS Guyane a ouvert 30 postes d’assistants spécialistes partagés, 15 par an pendant deux ans, pour renforcer la présence médicale dans le département d’outre-mer. Bon plan pour l'avenir des internes en fin de DES ?

Vous êtes plutôt médecine à papa ou aventurier ? Si vous préférez Indiana Jones à Private practice, il y a peut-être quelque chose à chiner du côté de l'Amérique du Sud. L’Agence régionale de Santé (ARS) Guyane ouvre quinze postes d’assistants spécialistes partagés cette année, et quinze l'année prochaine. Pédiatrie, néonat, psychiatrie, urgence, neuro, gynéco, néphro, onco, anesth, radio… Il y a de la place pour pas mal de monde.
 
Pourquoi « partagés » ? Dans le cadre du plan « priorité prévention » du gouvernement, le ministère de la Santé a impulsé la création en Outre-mer de postes d’assistants hospitaliers – des contrats de deux ans – dont l’exercice sera partagé entre plusieurs établissements. Pour la destination qui nous intéresse, la moitié de leur contrat sera effectuée en Guyane, et l’autre dans un établissement métropolitain.

Assistant ET bien payé ??

Un an en Guyane, un an en métropole, selon des modalités à décider avec l’ARS. Voilà le deal proposé. Le département d’outre-mer dispose de trois hôpitaux, dont un à Cayenne, et de 18 centres de santé qui y sont attachés, répartis sur le territoire. L’idée, pour l'ARS, est de renforcer l’offre de soins locale. « Ce ne sont pas des remplacements de médecins qui partent », précise à What’s up Doc Clara De Bort, directrice de l’ARS Guyane. « Nous sommes dans la création de filières de prise en charge », dans un département où l’offre, mais aussi le recours aux soins, sont limités, malgré des besoins importants. Il y a pas mal de choses à créer.
 
Côté internes en fin de DES, quel intérêt ? Déjà, trouver un job d’assistant pour ceux qui aimeraient poursuivre une carrière hospitalière : le poste étant financé, les hôpitaux métropolitains ont tout intérêt à accepter les demandes. Au niveau de la fiche de salaire, c’est plutôt sympa aussi : + 40 % sur le brut par rapport à la rémunération d’un assistant en métropole. Même si la vie est assez chère sur place, on s’y retrouve largement. Ça, c’est pour l’administratif.

« Refaire de la vraie médecine »

Niveau exercice, c’est là que le choc a des chances d’être intéressant. À l’hôpital, l’exercice familier, malgré des particularités de prise en charge liées à la région (melting pot local, maladies infectieuses, prévalence du diabète, population peu médicalisée…) : familier, en mode cousin éloigné. Mais en centre de santé, c’est un peu plus l’aventure : un petit mix entre un stage chez le praticien, de la médecine d’urgence et des accouchements inattendus, le tout dans des situations qui se rapprochent parfois de la médecine humanitaire.
 
« C’est vrai, dans cet exercice, les médecins manquent de support en biologie, en imagerie médicale, il y a parfois des tensions d’approvisionnement en médicaments ou des coupures de communication avec certains centres, qui représentent autant d’obstacles à la médecine telle qu’on la conçoit en France », explique Clara de Bort. « Mais à côté, ce n’est pas du travail à la chaîne, les médecins font beaucoup d’éducation à la santé et se retrouvent face à des patients extrêmement reconnaissants. Beaucoup de médecins disent qu’ils renouent avec la clinique, au sens le plus noble, et qu’ils ont l’impression de refaire de la vraie médecine ». C’est plus Dr Queen que Dr Mamour.
 
 
 
Alors si vous rêvez d’aller faire les visites médicales en pirogue sur plusieurs jours en mode expédition, dans une région du monde délaissée par le tourisme de masse, avec un rapport à la médecine que vous ne retrouverez nulle part ailleurs en France, ces jobs pourraient être faits pour vous. L’idée en ouvrant une série de postes est aussi de recruter des groupes de médecins pour créer une dynamique locale. Donc, si vous êtes en fin d’internat et que ça vous tente, vous pouvez vous chauffer entre potes pour une année de pratique clairement exotique. « Au pire, c’est un an : ça se tente ! », conclut Clara de Bort.
 

Portrait de La rédaction

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