Francoise Firmin

Chirurgienne en chirurgie plastique reconstructive de l’oreille, Clinique Georges-Bizet, Paris.

La première fois où…

… tu as eu l’idée de faire médecine ?

J’ai passé un bac philo. J’étais très intéressée par la psychologie. Un ami de mes parents m’a dit : «

Fais ta médecine d’abord. Tu verras après si tu veux devenir psychiatre ». En fait, dès que je suis entrée comme externe dans une salle d’opération, j’ai tout aimé : le déguisement, l’ambiance,ce qu’on faisait, les journées passées au bloc… J’ai décidé de passer l’internat pour être chirurgien !

 

… tu as examiné un patient ?

Quand j’étais externe, la journée, c’était l’interne qui recevait les urgences. Donc les premiers patients qu’on voyait seul, c’était pendant la garde. Je me suis rendu compte que lorsque j’assistais à un accident dans la rue, j’étais beaucoup moins professionnelle, plutôt émotive même ! Quand on est aux urgences et qu’on sait qu’on va recevoir un patient, même grave, on subit moins la situation, on est dans l’action, ce qui laisse peu de place à l’émotivité. J’ai été très étonnée de cela quand je l’ai découvert.

 

… tu as dû convaincre tes patrons ?

Les relations avec tous mes patrons ont été excellentes. Être une femme n’était absolument pas un problème. Je dirais même que par moments, les relations étaient plus simples. Quand j’aifini mon clinicat, je me suis intéressée à la chirurgie de reconstruction des oreilles qui comprend untemps plastique de sculpture de l’oreille.

À l’époque, mon patron disait que les résultats n’étaient pas très bons et qu’il valait mieux ne pas reconstruire les oreilles. Je n’étais pas d’accord. Il l’a compris et a commencé à m’adresser des patients. Même s’il pensait au départ que cette chirurgie n'était pas satisfaisante,  je l’ai convaincu du contraire !

 

La dernière fois où…

… tu n’as pas su faire face à un patient ?

Quand on fait une chirurgie un peu particulière, on devient expert. On reçoit les situations les plus difficiles, déjà opérées plusieurs fois. Et donc on est plus exposé aux complications que les autres.

Ce sont ces situations-là qui nous surexposent au risque d'échec. Il faut savoir l’assumer avec le patient. Tout est dans l’entretien initial et dans la décision prise à deux avec lui.

Les complications font partie du métier. Il faut savoir les analyser, les comprendre, les prévenir pour finalement pouvoir les éviter. C’est ça l’expérience !

 

… tu as été émue par un patient ?

Tous les jours ! Dans cette chirurgie, ce sont des enfants le plus souvent que j’opère.

On ne peut les traiter qu’à l’âge de 10 ans. Donc vous imaginez pour les parents, et pour l’enfant qui va aller à l’école, c’est une attente interminable ! C’est pour cela que je continue à faire ce métier avec passion, parce qu’il m'apporte beaucoup d’émotions au quotidien.

Portrait de La rédaction
article du WUD 12

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