Formule... Open-Bar ! Cours de diététique au parfum syndical

Pour la gastronomie libérale, la CSMF (confédération des syndicats médicaux francais), présente un menu aux multiples saveurs en 15 plats.

Débutons d’abord par la grande effervescence de l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance maladie) de ville, aromatisée au renfort conventionnel 2011, avec sa pluie de revalorisations de cotations d’actes et son arôme « secteur optionnel » gratiné.
Le digestif s’accompagne de lutte contre les déserts médicaux après majoration des retraites et nappage de protection sociale armée pour les médecins... Tout un programme...

Au Syndicat des médecins généralistes de France (MG France), la tonalité de revendications financières est moins présente. Ici, « Les médecins ont besoin de reconnaissance ! » annonce C. Leicher « même s’il y a aussi des investissements à faire pour leurs revenus qui stagnent depuis 2003 ». Un fumet donc de reconnaissance pour une note finale très… financière finalement.

Au BLOC, le chef, Dr Philippe Cucq tweete son inquiétude quant à la fin de la convergence tarifaire public/privé. On peut lire sur le site un menu
« dépassements d’honoraires » sucrés en réponse sociologique à un secteur 1 peu assaisonné, afin d’éviter le mauvais goût d’une médecine à double vitesse. La sauce risque de tourner au vinaigre car les ingrédients n’auront sans doute pas les meilleures recommandations de la patronne… au ministère.

La FMF (Fédération des médecins de France) mijote aussi un réchauffé de secteur 2 avec, pour accompagnement, un secteur 1 renforcé. Là encore, ça risque aussi de chauffer à l’Élysée. Originalité du festin, la Fédération rebondit sur l’assaisonnement trop poussé des études médicales saturées : une avalanche de numerus clausus de plus en plus lourd à digérer pour les services hospitaliers.

Mais comme la formation n’affecte guère l’addition, retour plus tradi’ pour la cuisine du SML (Syndicat des médecins libéraux) qui ne s’annonce pas favorable
« à un encadrement arbitraire des honoraires ou de l’installation »
. Pas de fioriture dans cette garniture, retour à l’essentiel qui plaît toujours aux plus traditionnels.

À l’Hôpital… finalement peu de mélanges

Les plats s’harmonisent assez bien avec le régime annoncé de la fin prématurée de la divergence tarifaire. Chez Avenir Hospitalier, on souhaite avant tout
« redonner de l’attractivité aux carrières »
peut-être, quand même, en aménageant les salaires ? Mais la recette reste secrète pour les non-initiés...

Du côté du CPH (Confédération des praticiens des hôpitaux), c’est une cuisine inquiète du  démantèlement du statut de PH qui refuse de mettre à la carte l’instauration du contrat... à la  performance.
De là à dire qu’on défendrait l’idée d’une lutte contre un régime hospitalier trop précaire... Et si une p’tite hausse de salaire faisait l’affaire pour mieux assimiler ?

La CMH (Coordination médicale hospitalière) veut revisiter le terroir Bachelot en travaillant de nouveau sur les coteaux HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoire). Décidément, ce millésime aura eu bien du mal à s’imposer, il faudrait le proposer ici dans une version améliorée sans toucher à l’accord-cadre sur les comptes épargne temps ou les retraites du moment.

L’INPH (Intersyndicat national des praticiens hospitaliers) à l’instar de la FMF (Fédération des médecins de France), revient tout de même sur les saveurs « démographie médicale » et « textes sur la CME »... mais toujours parfumé du manque d’attractivité.

Peu importent les grandes cuisines, à l’ISNIH (Inter-Syndicat national des internes des hôpitaux) en tout cas, on annonce haut et clair un menu renforcement de salaire : il faut (re)valoriser les rémunérations des gardes et astreintes. Des ingrédients guère différents finalement, mais sans doute plus justifiés dans une marmite plus jeune habituée à une soupe plus pauvre.

Alors, M. Hollande, fort de ces suggestions, quelles sont vos propositions pour dîner ?

Portrait de La rédaction
article du WUD 3

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