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Cette prise de position intervient après la mort, lundi dernier, d’une femme de 25 ans dans un institut de beauté à Nice, suite à une injection clandestine, une affaire pour laquelle trois personnes ont été mises en examens.
La tribune fait suite à une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, par le SML et le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Soutenu par près de 5 000 médecins, ce texte réclame une action politique contre les injections illégales après ce nouveau décès, qui s'additionne à celui survenu en banlieue lyonnaise il y a quelques mois.
Pour les deux organisations, ces affaires mettent en lumière un problème de santé publique : la multiplication d’injections esthétiques réalisées illégalement par des personnes non qualifiées, communément appelées « fake injectors ».
« Une injection esthétique est un acte médical », rappellent-elles, citant le chirurgien niçois Philippe Kestemont. « Un médecin ne se contente pas d’introduire une aiguille. Il interroge, examine, recherche une contre-indication, apprécie les interactions médicamenteuses et le rapport bénéfice-risque, choisit un produit autorisé et traçable, recueille un consentement éclairé, assure le suivi et sait renoncer à traiter lorsque l’indication est mauvaise ».
Correctement quantifier le phénomène
Le SML et l’UME appellent toutefois à ne pas s’appuyer sur des estimations invérifiables concernant l’ampleur du phénomène. Ils demandent la création de données consolidées à partir des signalements des agences sanitaires, hôpitaux, assureurs, justice et ordres professionnels.
Ils citent notamment huit cas graves de botulisme rapportés par l’agence du médicament (ANSM) entre août et septembre 2024, après des injections illégales de toxine botulinique. Plusieurs patientes avaient été hospitalisées en réanimation.
Les complications possibles comprennent également des infections, des réactions allergiques graves, des obstructions vasculaires, des nécroses ou des atteintes visuelles, rappellent-elles.
Ouvrir l'accès aux produits à plus de médecins
En France, les médicaments à base de toxine botulinique autorisés en esthétique ne peuvent être prescrits et obtenus que par les médecins relevant de cinq spécialités : chirurgie plastique, dermatologie, chirurgie de la face et du cou, chirurgie maxillo-faciale et ophtalmologie.
« Une contradiction particulièrement préoccupante », selon les auteurs de la tribune, puisque les généralistes et les médecins issus d’autres spécialités ne peuvent donc pas s’en procurer légalement, « même lorsqu’ils ont suivi une formation universitaire en médecine esthétique et acquis une expérience documentée ».
« Le sujet n’est pas d’ouvrir la toxine à tous les médecins sans condition. Il est de permettre son accès à ceux qui démontrent leurs compétences », écrivent encore les organisations. Elles proposent de conditionner cet accès à une formation validée, une assurance adaptée, une traçabilité complète et une participation à la pharmacovigilance.
Nouveau droit d’exercice en débat
Le SML et l’UME demandent également que le droit d’exercice complémentaire (DEC) créé par le décret du 9 juillet 2026 soit appliqué de manière pluraliste. Ce dispositif permet à un médecin de faire reconnaître une activité complémentaire à sa spécialité initiale, après évaluation de sa formation et de son expérience par l’Ordre des médecins.
Les organisations réclament une procédure transitoire pour les praticiens exerçant déjà la médecine esthétique, ainsi qu’un référentiel qui ne soit pas contrôlé par une ou deux spécialités.
Le SML prévoit de remettre à la rentrée à Stéphanie Rist un rapport sur la gouvernance de ces compétences médicales. Il défend une double réponse : renforcer les sanctions contre l’exercice illégal et créer une voie de reconnaissance exigeante pour les médecins déjà formés.
« La réponse aux fake injectors ne peut pas consister à raréfier encore l’offre médicale identifiable », affirment les signataires.
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