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Les faits, rapportés par La Dépêche du Midi, remontent au 20 mars. La victime, venue pour « raffermir son fessier », a succombé à la suite d’une injection réalisée par une influenceuse autoproclamée esthéticienne. Les secours, alertés après l’intervention, n’ont pas pu la réanimer.
Trois personnes, dont deux originaires de la région toulousaine, ont été mises en examen pour homicide involontaire. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à l’organisation de ces prestations illégales, notamment en assurant la logistique, le transport du matériel et la location du local.
D’après les premiers éléments de l’enquête, l’injection aurait provoqué « une embolie ou une réaction foudroyante », entraînant la mort rapide de la patiente. Les investigations devront déterminer précisément le lien de causalité entre le produit administré et le décès.
L'esthéticienne autoproclamée, une quadragénaire active sur les réseaux sociaux, attirait des clientes avec des tarifs très inférieurs à ceux du marché. Selon le quotidien régional, elle aurait ainsi généré « des centaines de milliers d’euros » en multipliant les actes esthétiques réalisés en dehors de tout cadre légal.
L’enquête, ouverte par le parquet de Lyon, vise désormais à établir les responsabilités de chacun et à vérifier les conditions sanitaires dans lesquelles ces injections étaient pratiquées.
Le secteur médical hausse le ton
Dans un communiqué publié ce lundi, le Syndicat national des chirurgiens plasticiens reconstructeurs et esthétiques (SNCPRE) a réagi à ce drame, expliquant qu’il fait suite à « au moins 15 hospitalisations en réanimation en France pour des complications gravissimes liées à l’exercice illégal de la médecine ».
Le syndicat affirme alerter « depuis plusieurs années » sur ces dérives et souligne que « ces craintes se confirment ». Selon lui, d’autres incidents graves sont voués à se produire « si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement ».
Le SNCPRE appelle ainsi « à une vigilance accrue du public, à un renforcement des contrôles, ainsi qu’à une mobilisation des autorités » pour lutter contre ces pratiques.
Un marché clandestin en expansion
Le drame intervient dans un contexte de forte croissance des pratiques esthétiques illégales, alors que seuls les chirurgiens plasticiens, les dermatologues et les médecins esthétiques sont habilités à pratiquer de tels actes.
En 2025, l'Ordre des médecins a reçu 213 signalements concernant des actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique - un record -, et déjà 28 en 2026 (contre 128 en 2024, 123 en 2023 et 62 en 2022). Des chiffres « très en deçà de la réalité observée sur le terrain », selon l’institution.
Pour tenter d’endiguer ce phénomène, loi a déjà évolué : un décret publié en mai 2024 réserve la prescription d’acide hyaluronique aux seuls professionnels de santé habilités et interdit sa vente en ligne ainsi que son importation par des particuliers.
Malgré ce cadre réglementaire, le marché parallèle continue de prospérer, porté notamment par les réseaux sociaux et des offres à bas coût, au détriment de la sécurité des patients.
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