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« Certains acteurs cherchent à exercer des pressions notamment sur des dossiers en cours d'évaluation en imposant un récit fondé sur l'émotion plutôt que sur les preuves », écrivent les huit membres du Collège de la HAS, son principal organe décisionnel, dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos.
« Les industriels, surtout du médicament, mais aussi un peu des dispositifs médicaux (...) cherchent à peser sur cette évaluation, au travers de sociétés savantes, au travers d'associations de patients, voire auprès de l'exécutif », a précisé le président de la HAS, Lionel Collet, interrogé par l'AFP, déplorant une tendance qui « s'accélère » depuis « quelques mois ».
« Il y a un an, un industriel en désaccord avec une de nos évaluations n'a pas hésité à écrire au Président de la République, avec copie au Premier ministre, à trois ministres », a-t-il relaté, évoquant « un changement de mentalité ».
« Il y a des règles de bonne conduite qui sont respectées par certains industriels et d'autres qui veulent tranquillement s'en affranchir », a-t-il ajouté, sans citer de noms, mais se réservant la possibilité de les dévoiler dans une démarche de « name and shame » si la tendance devait se poursuivre.
Petits et grands, même culture
Ces comportements se retrouvent aussi bien dans des « entreprises qui ont des chiffres d'affaires de quelques milliards d'euros » que des groupes générant quelques « dizaines de milliards d'euros », a détaillé le président de la HAS pointant « une culture d'établissement », « une manière de fonctionner si pour un produit donné, notre évaluation ne les satisfait pas ».
Il est également, selon lui, « indiscutable qu'il y a une approche beaucoup plus financière de la part d'industriels depuis une dizaine d'années ».
Lionel Collet a affirmé qu'il interrogerait ses homologues européens afin de déterminer s'ils rencontraient une situation similaire.
Cela permettrait notamment de voir si le prix du médicament en France, jugé trop bas par les entreprises pharmaceutiques, contribue à accentuer la pression sur la HAS ; l'instance étant chargée d'évaluer le médicament en vue de son remboursement et d'en fixer le niveau avant que son prix ne soit ensuite négocié entre l'Etat et l'industriel.
« Il y a un moment où trop, c'est trop » : « ces pressions deviennent vraiment excessives » et « il faut qu'on protège la structure » afin qu'elle puisse travailler sereinement, sans risquer d'être influencée à surestimer la valeur réelle d'un médicament, a dit Lionel Collet.
« Il ne faut pas oublier qu'au bout du compte, c'est l'assurance maladie qui paye » si un produit de santé est pris en charge, a souligné le président de l'instance publique.
Avec AFP
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