Direction clinique privée ! Dr Chloé Billey : « Ce n'est pas la jungle du chacun pour soi ! »

Choisir d'exercer en libéral dans une clinique privée ne coulait pas de source pour Chloé Billey, jeune gastro-entérologue installée près de Toulouse. C'est pourtant ce choix qui lui a permis de se trouver un rythme de vie moins usant, tout en pratiquant une « médecine de qualité » et sans renier ses valeurs. Belle équation.

 

D'un côté, il y avait cette inconnue autour de l'exercice libéral. De l'autre, « l'héritage » d'un père PH dans le public depuis toujours. Pour Chloé Billey, gastro-entérologue trentenaire installée depuis janvier 2020 à la clinique d'Occitanie, près de Toulouse, choisir le libéral, c'était un peu nager à contre-courant. Pourtant, quand elle achève son clinicat quelques mois plus tôt (sur les rotules), une voix en elle lui demande de ralentir, de trouver un rythme plus adapté. « Nous sommes beaucoup à adorer notre métier mais bosser comme des dingues sept jours sur sept ne fait pas rêver », estime-t-elle. Voilà comment l'idée du privé a germé. « Ce que je cherchais, c'était surtout une qualité de vie tout en exerçant une médecine de qualité, explique-t-elle. Et c'est ce que j'ai trouvé ! J'ai même pu avoir une fille, que j'allaite, dès la première année. C'était inespéré ».

 

Les préjugés qui volent en éclats

Il y a le choix de l'exercice libéral, puis le choix dans le choix. A la fin de son clinicat, le Dr Billey se retrouve très sollicitée, comme de nombreux jeunes spécialistes. Plusieurs cliniques privées toulousaines lui font de l’œil. L'une d'elles retient davantage son attention : la clinique d'Occitanie, à Muret, du groupe Elsan, là où officie l'une de ses anciennes cheffes de clinique d'internat. « J'aimais l'idée que Muret soit une ville à taille humaine, avec un seul établissement de santé, ce qui garantissait une patientèle variée, explique-t-elle. Je voulais rejoindre un groupe de Secteur 1, soigner tout le monde. Je cherchais tout sauf une médecine de centre-ville ».

En arrivant à Muret, Chloé Billey va voir s'évaporer pas mal de préjugés sur l'exercice libéral. Elle raconte avant tout la bienveillance découverte au sein du groupement de gastro-entérologues qu'elle rejoint, une vaste association d'une trentaine de spécialistes répartis sur cinq cliniques privées toulousaines. A la clinique d'Occitanie, ils sont sept et entre eux agit « une solidarité très forte ». Il faut dire que le groupe a choisi le principe du partage d'honoraires. Pour le Dr Billey, la transition est facile : revenu fixe garanti, cadre de travail agréable mais aussi secrétaire et comptable pour l'aider à gérer les formalités administratives diverses, notamment liées à l'installation. « On m'a accompagnée de bout en bout et heureusement, car dans notre formation, nous ne sommes pas préparés aux méandres administratifs de l'exercice libéral... »

L'accueil, en plus, est chaleureux. La jeune gastro se sent attendue. « Quand je suis arrivée, on m'a dit : "Ton planning est prêt. Est-ce que ça te convient ?" Je n'avais plus qu'à travailler », se souvient-elle. Ses associés n'ignorent pas non plus qu'elle arrive enceinte. Qu'elle s'arrête trois mois à peine après avoir débuté ne gêne personne. Mieux, grâce à la forme d'organisation du groupement, elle touchera même 80% de ses revenus lors de son congé maternité, via « une sorte de prévoyance interne ».

 

 

Des journées à faire « de la bonne médecine »

Sur le versant médical, l'esprit de solidarité et de collectif semblent primer tout autant. « Je craignais un peu de perdre le travail d'équipe, mais j'ai été tout de suite rassurée : on discute beaucoup de nos dossiers compliqués, on obtient facilement de l'aide de confrères ou de consœurs au bloc. Ce n'est pas la jungle du chacun pour soi ! ».

Aujourd'hui, Chloé Billey travaille deux jours et demi par semaine. Avec des semaines d'environ trente heures de travail, un rapide calcul permet de conclure que certaines journées sont denses : « 8h-20h avec 15 minutes pour manger sur le pouce ». Mais cette alternance entre journées chargées et vaste temps libre lui plaît plus que tout, surtout quand son temps à la clinique est consacré presque entièrement aux patients. « Avoir un enfant m'a conforté dans ce choix de rééquilibrer ma vie, confie-t-elle. C'est vrai que j'ai le cerveau qui fume quand je sors vers 20h, mais, au moins, je n'ai fait que de la médecine... et de la bonne médecine. Je n'ai eu à remplir aucun bon de transport de la journée ! »

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Un autre regard sur l’exercice libéral, en collaboration avec le groupe Elsan

Portrait de Thomas Blachère

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