Hugo Gilardi.
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Un de plus dans la lignée
Nommé en Conseil des ministres le 29 avril, Hugo Gilardi succède à Marie Daudé à la tête de la DGOS. Comme elle, comme Thomas Fatome avant de partir à la CNAM, comme Anne-Marie Armanteras-de Saxcé avant lui, c'est un haut fonctionnaire, pas un médecin. Il faut remonter à Jean Debeaupuis, néphrologue, pour trouver un clinicien à ce poste. La tendance est claire, elle dure, et elle dit quelque chose sur la façon dont l'État conçoit le pilotage de l'offre de soins.
Un parcours santé solide, mais depuis les couloirs
Le profil de Gilardi n'est pas celui d'un parachuté. IEP de Bordeaux, EHESP (inspecteur de l'action sanitaire et sociale), ENA : la formation est sérieuse. Sa carrière aussi : il passe par les DRASS, l'agence régionale de l'hospitalisation, puis la DGOS elle-même entre 2010 et 2014. Suivront la Ville de Paris, la Direction de la Sécurité sociale, avec un focus sur le financement des soins, puis la direction générale par intérim de l'Agence de la biomédecine. En 2020, il rejoint le cabinet du Premier ministre comme conseiller santé, avant de prendre la tête de l'ARS des Hauts-de-France fin 2022.
Un parcours entièrement dédié à la santé, donc.
L'ARS : une école du terrain… administratif
Son passage aux Hauts-de-France n'est pas anodin. Diriger une ARS, c'est gérer des tensions hospitalières, des déserts médicaux, des fermetures de maternités, des conflits entre établissements. C'est un poste qui oblige à composer avec les réalités du terrain, même si c'est toujours depuis un bureau. Cette expérience lui donnera sans doute une sensibilité aux équilibres territoriaux, utile dans un contexte où la structuration de l'offre est au cœur de toutes les négociations.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/derriere-les-sigles-tout-savoir-sur-la-has-quand-est-medecin
La vraie question : les médecins dans la boucle ?
La DGOS n'est pas censée être dirigée par un clinicien, c'est un organe de régulation, pas une société savante. Mais dans un contexte d'épuisement hospitalier, de crise de la médecine de ville et de défiance croissante entre praticiens et institutionnels, le choix répété de profils purement administratifs pose une vraie question.